Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Souvenez-vous, chers amis, de l'enthousiasme populaire qui avait accueilli les conclusions de
Souvenez-vous du soulagement et de la satisfaction des populations à l'annonce des résultats des élections présidentielles et de leur acceptation par le concurrent du candidat élu en 2006.
Souvenez-vous de l'immense espoir suscité par la promesse de changer, en bien espérions-nous, la conduite des affaires publiques pour la réalisation du rêve que nous avions cristallisé à l'article 9 de notre Constitution en y affirmant que « Tout être humain a droit au développement et au plein épanouissement de sa personne dans ses dimensions matérielle, temporelle, intellectuelle et spirituelle, pourvu qu'il ne viole pas les droits d'autrui ni n'enfreigne l'ordre constitutionnel et les bonnes mœurs »
Souvenez-vous des nombreuses initiatives que nous avions prises pour soutenir l'action du Chef de l'Etat afin de lui permettre de bénéficier de l'intelligence de toutes les Béninoises et de tous les Béninois ainsi que de leur disponibilité à l'aider dans l'accomplissement de ses responsabilités.
Parce que nous nous sentons bâtisseurs du présent, nous savions, à travers notre hymne national, que nous serions plus forts dans l'unité chaque jour à la tâche.
Ce fut le motif de la mobilisation de tout notre peuple, debout.
C'est aujourd'hui, hélas, la raison de notre grande déception, de notre inquiétude pour l'avenir de notre pays dans ce monde en pleine mutation.
C'est également la raison du sursaut qui nous a conduits ce jour, vendredi 28 novembre 2008, dans cette salle. Comme nous en avons convenu, nous passerons deux jours ensemble, certainement pour mieux nous connaître mais sûrement pour cultiver notre aptitude à travailler ensemble, partager nos expériences et nos propositions pour un Bénin apaisé comme nous l'aimons.
Par le passé, il nous était arrivé de livrer des combats électoraux féroces. Mais nous avions toujours su nous en tenir à l'essentiel. Nous avions toujours réussi à déjouer les plus sombres pronostics et à maintenir un climat de paix. S'il nous est possible de nous retrouver aujourd'hui, c'est parce que hier nous n'avions pas franchi le pas de la violence et que l'intolérance n'a jamais guidé nos actions.
Voici, en pdf , l'intégralité du discours
BOHICON LES 28 et 29 novembre 2008
Mesdames et Messieurs,
Voici neuf cent cinquante quatre (954) jours que tous ici, enthousiastes et pleins d'espoir, avons apporté notre soutien, soit à l'accession du Président YAYI BONI à la magistrature suprême de notre pays, le Bénin, soit à son souhait exprimé, de gouvernance paisible et concertée en vue de la réalisation du changement auquel nous aspirions tous.
Depuis lors, l'attitude de toute la classe politique a été d'observer une sorte de trêve et de donner une chance sûre de succès à un homme que nous avions tous identifié et reconnu comme nouveau dans le jeu politique qui avait cours dans notre pays depuis
C'est seulement ainsi qu'il faut comprendre le ralliement de toute la classe politique derrière le Président YAYI BONI, et surtout le refus obstiné et responsable du Président Adrien HOUNGBEDJI, son challenger du 2è tour de l'élection présidentielle de 2006, de planter le décor attendu par tous, d'une opposition qui ne ferait à ce moment là, que plus de mal au pays.
Non, il avait déclaré comme tous ceux qui aspiraient au changement, qu'il soutenait le programme du Président YAYI BONI.
L'esprit de consensus des Béninois qui a émerveillé le monde en février 1990, venait, une fois encore, par ces faits, donner une nouvelle leçon de notre attachement à l'intérêt supérieur de la nation.
Cette année-là, les enfants du Bénin, debout, ont répondu à nouveau, sans faiblesse, avec courage et pleins d'allégresse, à l'appel de la patrie. Ils ont chanté du fond de leur cœur, notre hymne national.
Depuis, la classe politique béninoise s'est inscrite dans la voie de tous les sacrifices dont les bénéficiaires semblent n'avoir jamais mesuré la portée.
Neuf cent cinquante quatre (954) jours donc, de vains espoirs, de sacrifices, de patience, d'observation et d'abnégation, ponctués d'épreuves d'humiliation, d'agression, de menaces, d'intimidation, et de pratiques anti-démocratiques.
Au cours de cette période, les Béninois témoigneront avoir suivi les cris d'alarme, les avertissements, les appels au respect des principes fondamentaux de la démocratie lancés sans cesse, par les animateurs de la vie sociopolitique du Bénin. Vous avez trop klaxonné, l'obstacle vous lorgne et ne bouge pas.
Il était à peine temps, que la classe politique marque un arrêt pour évaluer le chemin parcouru, faire l'état de la démocratie, et se prononcer sur la gestion de notre pays par le Pouvoir dont les principaux meneurs ont eu jusqu'ici, l'excuse de n'avoir pas été de véritables acteurs de
C'est dans ce contexte et pour ces raisons que, chers séminaristes, vous avez décidé de tenir les présentes assises.
Oui, vous avez décidé devant l'histoire, de prendre vos responsabilités face à la situation inquiétante de la gouvernance au Bénin.
Le ciel béninois s'est assombrit, l'obscurité prolonge la nuit.
Le peuple est progressivement emparé par l'angoisse. Il se demande que faire ? Il commence à désespérer.
Messieurs les Présidents Nicéphore SOGLO et Bruno AMOUSSOU, il devient pressant que le soleil de
Il est urgent, Monsieur Séfou FAGBOHOUN, que le coq chante pour annoncer que le soleil va apparaître.
Monsieur Adrien HOUNGBEDJI, le peuple perd espoir. Faites-nous la magie de l'espoir de votre arc-en-ciel pour que nous soyons assurés qu'il s'agit de simples nuages annonçant la pluie.
Lazare SEHOUETO, tous comptent sur vous pour passer cette porte lourde qui empêche de faire un pas dehors pour voir le rayon de lumière porteur de l'espoir. Faites usage ici et maintenant, de votre clé.
BAKO ARIFARI Nassirou au secours avec votre technique extraordinaire de conjugaison des forces et le courage d'action du G13 pour que tous ceux qui doivent agir n'aient pas peur et le fassent de façon synchronisée et infaillible.
Messieurs les Présidents, chacun de vous a décidé de jouer sa partition pour que le Bénin soit sauvé. En donnant l'exemple par votre initiative de tenir ces assises, vous avez invité les enfants du Bénin à venir boucher de leurs doigts, la jarre trouée par une certaine pratique dans la gestion des affaires de notre pays. Oui, l'unité fait la nation ; c'est le thème de la présente assise que vous avez décidé de convoquer.
Mesdames, Messieurs les Séminaristes,
Voici, en pdf , l'intégralité du discours
RENTREE POLITIQUE D'ABOMEY ET BOHICON
Permettez-moi d'abord de saluer et de remercier avec déférence, le Président Nicéphore Dieudonné SOGLO qui, malgré ses lourdes charges et son agenda national et international très rempli, a bien voulu présider nos travaux.
Monsieur le Président, merci au nom de tous ! Je veux vous assurer de notre totale disponibilité à rester à votre écoute. Parce que vous connaissez le pays au plus intime de lui-même, parce que vous avez exercé les plus hautes responsabilités et parce que, de ce fait, vous représentez une mine de sagesse inépuisable. Je veux vous assurer de notre volonté de puiser auprès de vous, le ferment de notre réflexion et de nos actions.
Permettez-moi ensuite, Chers Amis, de saluer toutes les forces politiques et personnalités de la société civile qui ont bien voulu répondre présent, témoignant ainsi de l'intérêt qu'elles portent à nos assises. Je veux saluer et remercier tout particulièrement le G13, pour le rôle d'aiguillon, le rôle de sentinelle, qu'il joue depuis bientôt deux (2) ans, face aux dérives d'un pouvoir qui n'a cessé de menacer, de brimer, de corrompre, d'emprisonner, de militariser pour parvenir à ses fins.
Et quelles fins ? Rectifier la démocratie.
Mes amis, Membres du G4, de Force Clé et du G13,
Aujourd'hui est déjà un grand jour ! Une grande première ! D'aussi loin que je me souvienne, jamais encore dans notre pays, des forces politiques, non impliquées dans l'exercice du pouvoir d'Etat, aussi représentatives par leur poids et leur implantation sur l'échiquier national, n'ont eu à réunir leur cadres et leurs élus en conclave, pour confronter leurs analyses, tracer des perspectives et s'organiser pour améliorer la situation politique, économique et sociale du pays. Oui, aujourd'hui est déjà un grand jour, car nous voici du fait de cet événement, engagés sur des pistes qui mènent à l'unité d'action, pour, ensemble, ouvrir les portes de l'avenir.
Je voudrais que nous mesurions le formidable élan que nous créons ici, aujourd'hui. Je voudrais que chacun de nous prenne conscience qu'aux yeux de notre peuple, c'est un tournant qui s'opère, un formidable tournant. Ce formidable élan, ce formidable tournant, est souhaité, est voulu, est accompagné par l'immense majorité de nos populations. Car, pour nos populations qui espéraient un véritable changement, les attentes et les espoirs suscités par ce régime se sont transformés en désillusion.
Nos populations constatent, désabusées, que : sous le Président YAYI, tout change, pour que rien ne change :
· 63 MINISTRES en moins de 2 ans et demie de pouvoir et un nouveau remaniement pointe déjà à l'horizon ;
· 4 DG DOUANE en 2 ans et demi ;
· 3 DG au PORT Autonome de Cotonou en 2 ans et demi ;
· 4 DG à
· 2 DG à
Comment voulez-vous, dans une telle pagaille, accroître l'efficacité des administrations, cultiver l'esprit de responsabilité, obtenir des résultats et contrôler les gestions ? Comment voulez-vous dans un tel désordre faire de l'administration publique un levier de développement ?
· 4 MINISTRES de l'enseignement primaire, en 2 ans et demi ;
· 3 MINISTRES aux affaires étrangères en 2 ans et demi ;
· 4 GARDE DES SCEAUX, ministres de la justice en deux ans et demi ;
· 3 MINISTRES au ministère de la jeunesse et des sports en 2 ans et demi ;
· 3 MINISTRES de l'enseignement supérieur, en 2 ans et demi.
Comment voulez-vous formuler des orientations, assigner des objectifs ambitieux et les réaliser ?
La suite est connue : un vrai gâchis !
Rappelez-vous chers amis, nous avions ensemble voté, il y a quelques années, une ambitieuse réforme de l'administration territoriale. L'objectif était de rapprocher l'administration des administrés, de créer de la proximité et de l'autonomie, afin que le développement se fasse à la base. D'où la création de 12 Départements, la création de 77 communes et les pouvoirs donnés aux Maires. Qu'en reste t-il aujourd'hui ?
La réforme de l'administration territoriale est plombée, enterrée. En effet, les départements n'ont fait que changer de nom ; les préfets n'ont fait que changer de titre – Kétou est toujours commandé depuis Porto-Novo ; Savè est toujours commandé depuis Abomey ; Bassila est toujours commandé depuis Natitingou.
Rien de changé donc ! Dix ans après l'adoption de la loi portant réforme de l'administration territoriale !
Oui, la réforme de l'administration territoriale est plombée.
Plombée parce que ce gouvernement n'a pas compris que le sujet est très délicat, qu'il ne s'accommode pas de l'improvisation, de l'électoralisme et de l'autoritarisme. Il ne peut être résolu que dans le consentement mutuel, aux termes d'un dialogue préalablement instauré entre les populations concernées, à travers leurs élus et toutes leurs forces vives, sur la base des intérêts réciproques et des compromis consensuellement acceptés.
Où en sommes-nous aujourd'hui avec les communes ? Voici, en pdf , l'intégralité du discours