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La cohésion gouvernementale dans l'impasse

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La cohésion au sein du dernier gouvernement du Dr Boni Yayi est ébranlée. Cette situation se justifie par la taille de l'équipe mais aussi par la déclaration de certains ministres qui sont en contradiction flagrante avec les dispositions de la charte du gouvernement

Le 22 octobre 2008, le Dr Boni Yayi a procédé à la formation de son 7ème gouvernement en deux ans d'exercice du pouvoir d'Etat. Le peuple béninois a été surpris de constater que la taille de la nouvelle équipe est passée de 23 membres à 30, malgré les multiples luttes syndicales pour la réduction du train de vie de l'Etat. Dans une démarche prophétique, certains compatriotes avaient prédit l'incohérence et la cacophonie qui pourraient régner au niveau de l'exécutif. Ils furent livrés comme d'habitude aux meutes et traités d'apatrides, d'aigris etc. En deux mois d'activités, la violation flagrante de la charte gouvernementale a fini par mettre du froid dans les rapports entre certains ministres. Le ministre Nicaise Fagnon fut le premier à donner le ton, pour avoir dénoncé publiquement dans les médias la gestion peu orthodoxe de son prédécesseur dans l'exécution de certains chantiers publics. Cette démarche courageuse du nouveau ministre des Travaux publics est à la base de la crispation des relations entre les membres de l'exécutif. D'un côté, nous avons le collège des anciens ministres qui accuse leur jeune collègue d'avoir violé les articles 3, 5 et 8 de la charte du gouvernement. D'un autre côté nous, avons les nouveaux ministres, qui opposent à leurs aînés l'article 5 de la même charte. Mais que stipule chacun de ces articles ? Article 3 « L'Intégrité : En tant que modèle social et de responsabilité, tout membre du Gouvernement s'engage à cultiver une éthique publique qui l'honore et contribue à la dignité du Gouvernement dans son ensemble. L'incorruptibilité est une règle partagée » Article 5 « La Solidarité : Toute décision ou tout acte du Gouvernement est régi par le principe de collégialité et engage chaque membre dans sa mise en œuvre. » Article 6 : « La Transparence : Chaque membre du Gouvernement cultive et pratique la bonne gouvernance dans le sens du respect strict des lois et règles de la République en vue d'un relèvement moral et d'une efficience économique dans les actions publiques. » Article 8 : « La Civilité : Chaque membre du Gouvernement s'engage à pratiquer et à promouvoir les règles de bienséance et de courtoisie administrative qui constituent les conditions de base d'une atmosphère de productivité optimale de toute entreprise » De sources dignes de foi, certains émissaires seraient envoyés par des proches collaborateurs du Chef de l'Etat au ministre Fagnon pour calmer son ardeur, à travers des arguments relatifs à la solidarité religieuse et à la parenté. Compte tenu de la détermination de chaque partie, nous apprenons que certains ministres évitent de s'adresser la parole. Les uns et les autres se livrent une guerre froide pour des raisons inavouées, au détriment des intérêts de la nation. Malheureusement la Haute Autorité n'est informée à ce jour des dysfonctionnements de son gouvernement. La situation qui prévaut entre certains ministres du gouvernement du Dr Boni Yayi, suscite plusieurs interrogations. Est-ce une stratégie savamment orchestrée par le Chef de l'Etat en personne afin de se débarrasser de certains ministres trop encombrants ? Le Dr Boni Yayi veut-il passer par ce canal pour réduire l'effectif pléthorique de son gouvernement ? Pour quelles raisons certains ministres campent-ils sur leurs positions ? Ont-ils la bénédiction de la Haute Autorité ? D'une manière générale, les agissements des uns et des autres confirment à notre avis, l'idée selon laquelle seul le Dr Boni Yayi croit en son rêve de faire du Bénin un pays émergent. Les nombreux cas de corruption avérée qui se dénoncent dans son entourage immédiat, ne sont pas de nature à lui rendre la tâche facile. Le Chef de l'Etat doit mettre de l'ordre autour de lui pour le peu de temps qui lui reste au pouvoir, car il sera le seul comptable devant l'histoire.

Judicaël ZOHOUN



Article ajouté le 2008-12-17 , consulté 261 fois

Commentaires


Yayi Boni le 27/01/2009 à 10:45:14
La Preuve du laxisme de Houngbedji
Le Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji perd du terrain dans son propre fief. C’est la conséquence de la mauvaise stratégie de son leader.

« Pour aller vers les autres, il faut leur apporter quelque chose », a dit le professeur Albert Tévoédjrè. Pour être plus explicite, il faut d’abord être une force politique soi-même, avant d’espérer le soutien des autres. Apparemment, le président du Parti du renouveau démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji, ne comprend pas cette logique politique, surtout qu’il se bat pour former une union sacrée autour de sa candidature aux élections législatives et présidentielles de 2011. Pour atteindre son objectif, que fait-il personnellement pour attirer les autres vers lui ? Rien. Pense-t-il que ses alliés feront tout à sa place pour le faire installer dans le fauteuil présidentiel comme un souverain au palais de la Marina ? S’il croit à une telle situation, il risque de se mordre les doigts en 2011.

Comment peut-on expliquer cet état de choses ? D’abord, Me Houngbédji est en train de reculer considérablement dans son fief traditionnel. Il y a cinq ans, le Prd contrôlait neuf communes sur dix que compte le département de l’Ouémé. Il a la mainmise sur Sèmè-Podji, Porto-Novo, Adjarra, Avrankou, Missérété, Adjohoun, Bonou, Sô-Ava et les Aguégués, à l’exception de Dangbo. Aujourd’hui, il n’a que Porto-Novo, Adjarra, les Aguégués et Missérété dans sa gibecière avec de fortes incursions des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), même s’il a pu gagner la mairie de Pobè, et dans une certaine mesure, il est présent à la mairie de Sakété. Ceci montre que le Prd rencontre d’énormes difficultés dans la maîtrise de son fief traditionnel qui devrait lui permettre de bien se repositionner pour les élections de 2011. Des raisons ne manquent pas pour expliquer cette contre-performance des « Tchoco-tchoco ». Dans un premier temps, Me Houngbédji est la cause principale du malheur de son parti pour n’avoir pas compris ce que le peuple béninois attend de lui.


L’homme est très administratif et s’éloigne de sa base. Par exemple, il n’est pas facile de le rencontrer. Beaucoup de personnes qui financent le Prd sur le terrain ont dû l’abandonner, parce qu’ils ne lui ont jamais serré la main, avant de discuter de quoi que ce soit avec lui. Dans ces conditions, il doit perdre des militants. Combien de fois Me Houngbédji est allé dans une localité pour rencontrer des jeunes ou des vieux pour les assister ? Il préfère rester dans sa résidence dorée pour ne sortir qu’en période électorale. Or, l’expérience a montré qu’il faut la présence active de l’homme politique sur le terrain pour maintenir les relations avec les électeurs. Bruno Amoussou, Lazare Sèhouéto, Rachidi Gbadamassi et consorts sont régulièrement dans leurs fiefs respectifs. Pour preuve, l’échec du Prd dans l’arrondissement d’Aholouyèmè à Sèmè-Podji est la conséquence du laxisme de Me Houngbédji qui s’est refusé de sortir pour mettre en déroute les cauris qui avaient envahi la zone. Qu’est-ce que le député Timothée Gbédiga seul pouvait contre cette machine du pouvoir dans un scrutin très déterminant ? Rien. A titre illustratif, le Psd ne pouvait rien contre les cauris, si Bruno Amoussou n’était pas en personne sur le terrain dans l’arrondissement de Tota à Dogbo.

La bureaucratie, l’abandon du champ politique, le laxisme et l’égocentrisme ne font pas gagner une élection présidentielle. Il va falloir que Me Houngbédji se réveille très tôt pour revoir sa stratégie, avant qu’il ne soit trop tard pour lui.


Jules Yaovi Maoussi


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