"MA CONVICTION"

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LETTRE OUVERTE DE OLYMPE BELLY QUENUM

À MONSIEUR THOMAS BONI YAYI, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU BÉNIN.



« To o do gbi gbà wè » ; il y eut un petit silence et il ajouta d’une voix très fatiguée : « To o gbà … Olympe, je te connais, je sais que tu ne baisseras jamais les bras. »

 

Cardinal Bernardin GANTIN.

 

Monsieur le président de la République,

 

Le 30 Décembre 2006, je vous ai adressé une lettre avec accusé de réception, non pas pour solliciter une reconnaissance pour en avoir appelé au peuple béninois à voter massivement pour le candidat Boni Yayi, mais pour demander à cet homme démocratiquement élu président de la République, la réparation de l’injustice dont un de mes livres avait été victime de l’arbitraire d’un ex-ministre. L’usage que vous avez fait de cette lettre dénotait votre mépris pour l’homme que je suis ; la réponse reçue plus tard de la part de Monsieur Edouard A.OUIN-OURO. était une fin de non recevoir ; l’intervention que je n’avais jamais sollicitée du ministre d’État Issifou KOGUI N’DOURO est restée sans suite ; j’en ai pris acte en tirant un trait : face à tout mépris, l’indifférence dans mes tréfonds est un roc inébranlable ; c’est dire que, ne vous connaissant pas, ne vous ayant jamais vu en chair et en os, jusqu’à la fin de mes jours, il n’y aura pas la moindre occasion de rencontre entre vous et moi ; mais croyez-moi car je n’ai qu’une parole : homme sans haine, ni rancune, je ne vous en veux pas : c’est cela mon indifférence.

 

Dans La Croix du Bénin du 15 août 2008 figuraient les propos du très regretté Cardinal en exergue de cette lettre ouverte ; en des termes que voici (j’apportais alors mon soutien à Monseigneur Pascal N’KOUÉ, Évêque de Natitingou ) : «  La prière ne suffira pas à guérir notre pays de la « gangrène politique »  L’évêque dans son homélie soulignait d’autre part un problème qui me tient à cœur : « …vous  savez ma détermination pour les écoles et d’abord pour l’école primaire. Il est indispensable de garder l’enfant dans son milieu de vie pour son enracinement culturel. Et que l’école l’aide à s’intégrer dans la société […]encourager les enfants à aimer leur village, à protéger la création et à participer au développement de leur terroir. « Même sur le billon tordu fait par un enfant, la tige de mil pousse droit », dit un proverbe africain. »

 

C’est le fondement même de Un Enfant d’Afrique , mon livre salué par le regretté René Maheu, qui fut Directeur général de l’Unesco ; Bulletin de l’Information de l’Organisation du système des Nations unies et WORLD LITERATURE TODAY (USA), ont rendu compte de ce livre vite traduit en russe quand la Russie était URSS, des chapitres en sont traduits en anglais, des pages, en kiswahili. En 2003, en Île de France, des extraits en ont été utilisés pour passer de 3ème en seconde ; au Bénin, mon pays natal, où « certains font les couloirs en sollicitant l’inscription de leurs livres au programme, afin qu’ils gagnent un peu d’argent », Un Enfant d’Afrique a été ostracisé et la politique du CHANGEMENT ne veut pas réparer une telle injustice. Ainsi, comme à Ouidah, le CHANGEMENT est devenu Aïzan assis au pied de Ganximè ou mieux, Tò-lègbàcampé à Lègbaxoli ,vers la route du Séminaire saint Gall.

C’est parce que je ne baisserai jamais les bras qu’après m’être sérieusement informé à toutes les sources, tant du terrain objectif national que de l’extérieur, je déclare: je suis en opposition contre vos méthodes de gouvernement ; sans être adhérent d’aucun parti politique de notre pays, mon camp est celui du Séminaire de Goho.

 

Malgré l’insignifiance du chapitre culturel du programme du candidat Boni Yayi que je croyais médecin parce qu’on l’appelle Docteur, le programme soulignait le CHANGEMENT que voulait le peuple. Le 28 août 2006, à l’université de Nairobi, Barack Obama, alors sénateur de l’Illinois, prononça un discours qui aurait pu vous inspirer après votre élection; Africain sans importance, homme sans complexes qui ne rampe devant personne, j’en ai souligné des passages :

« Le poids de l’histoire et les influences extérieures ne sont pas les seules explications du retard pris par le Kenya. Comme beaucoup  d’autres nations  sur ce continent, le Kenya n’a pas réussi à mettre en place un système de gouvernement à la fois transparent et responsable, au service de son peuple et libre de toute corruption. » « Parmi les Etats africains, le Kenya reste un modèle de démocratie représentative, un pays où de nombreuse communautés ethniques  ont su trouver une manière de vivre et de travailler ensemble dans la paix et la stabilité .Vous  bénéficiez d’une société civile  forte, vous avez une presse libre et honnête[…] Et pourtant, si je parle ici de la liberté que vous avez si chèrement gagnée, c’est parce qu’aujourd’hui cette liberté est en danger. Elle est menacée par la corruption. La corruption n’est pas un problème nouveau. Ce n’est pas non plus un problème spécifiquement kényan ou africain.[…] Mais si la corruption est partout un problème, ici, au Kenya, elle est  une véritable crise, une crise qui prive une population honnête de bénéficier des chances légitimes pour lesquelles elle s’est battue. […] ;  l’immense majorité de la population de ce pays veut désespérément que ça change. » Comme au Kenya, « les médias ont courageusement mis au jour et rapporté quelques-uns des abus les plus flagrants. De plus en plus nombreux, citoyens et responsables politiques admettent qu’il s’agit d’une question cruciale. » « Bien évidemment et pardessus tout, l’arme suprême de votre pays contre la corruption, c’est la capacité des gens, la vôtre, à se lever, à faire connaître les injustices dont vous êtes les témoins. Le peuple kényan est le rempart ultime contre  les abus. »

 

Machiavel avait écrit admirablement : « La coutume a été que les Princes, pour pouvoir tenir plus sûrement leurs États, bâtissaient forteresses et citadelles, qui servissent de bride et de mors à ceux qui penseraient leur résister, et pour avoir un refuge sûr contre un soudain soulèvement. »[…] «…la meilleure citadelle qui soit, c’est de n’être point haï du peuple : car encore que tu tiennes les forts, quand le peuple te porte haine, ils ne te sauveront pas, à raison qu’après que les sujets ont pris les armes, ils n’auront jamais faute d’étrangers à venir à leur aide. »

Il ressort de l’analyse de la masse de documents que j’ai lue qu’après avoir voté pour le candidat Boni Yayi, « le peuple déçu par les méthodes » du président Boni Yayi, « autoritaire », « autocrate », « se méfie et il y a une profonde désaffection » ; on souligne aussi : « il n’avait jamais exercé de mandat électif, sans expérience politique, coupé du peuple, accoutumé aux luxes et fastes de la tour d’ivoire qu’est la BCEAO, il ne connaissait pas le peuple et les problèmes du peuple béninois sont mieux sentis et mieux connus par certains écrivains et intellectuels présents dans le pays ».

 

On ne dirige pas un pays qu’on ne sent pas, dont on n’a cure des souffrances et des besoins vitaux. On m’a écrit récemment : « …je suis un natif de Tanguiéta, qui vit loin du pays natal mais j’y retourne tous les deux ans ; Doyen, lecteur de vos œuvres, certaines m’ont marqué qui sont toujours d’actualité et c’est parce que j’ai confiance en votre personnalité que j’avais voté et fait voter mes parents et des amis pour le candidat de votre choix, mais aujourd’hui je m’en mords les doigts, mes parents et mes amis aussi et je me demande si le Doyen Olympe Bhêly-Quenum n’avait pas été piégé en invitant le peuple béninois à voter pour un tel homme… »

 

Piégé ? Non : mon soutien était aussi ma riposte contre : a) l’inadmissible mensonge de Monsieur Jacques Chirac, président de la République française, qui prétendait que, tant au Bénin que loin de leur pays, les Béninois voulaient que le président Mathieu Kérékou continuât de gouverner ; b) la volonté déclarée de ce dernier de ne pas vous rendre les clefs du pouvoir si vous étiez élu. L’ingérence soutenait le déni de la démocratie.

 

« Parce que nous sommes les enfants de nos parents, nous avons la possibilité d’apprendre de leurs erreurs et de leurs échecs.. » déclarera Barack Obama à Nairobi. Malgré l’incroyable, désespérant et la nullité du paramètre culturel de votre programme ,le mot changement m’en avait semblé le socle et l’élément catalyseur. Ne vous connaissant pas, j’admets mon erreur d’avoir appelé à voter pour vous ; le thuriféraire qui ne fait rien sans en exiger la récompense vociférait :   yì ![1] Votre prédécesseur avait mis sur les rotules un petit pays généreux, fier, libre ; son échec aurait dû être pour vous un exemple à éviter absolument : pour changer un système, il faudrait, d’abord, en avoir étudié le mécanisme, engager ensuite une guerre sans pitié et sans concession contre son ancien fonctionnement. Etonné par l’analyse des remontrances à l’encontre de votre gouvernement, je me suis posé la question que voici : « est ce que l’homme fort démocratiquement élu président de la République du Bénin connaissait vraiment ce pays ? »

J’en doute encore parce qu’ en peu de temps de fonction de Premier magistrat, vous avez acculé à la misère le Bénin qui souffrait de la pauvreté alors que le changement laissait entendre que vous le conduiriez vers un avenir meilleur. Qui aurait pu penser que c’était la ruse d’un cynique ? La supercherie vous a fait échouer ; le masque tombé, c’est l’apocalypse : la signification en français de ce terme grec est révélation ; exploit rarissime, singulier en si peu de temps de gouvernance, en Afrique depuis les indépendances, j’ai nommé catastrophe ce que la chute du masque a révélé. Notre beau pays ne mérite pas un tel traitement.

 

Savez-vous, à cause du mot catalyseur changement, combien de gens de mes familles -QUENUM, par mon père, AGBO par ma mère -, des milieux vodún à Gléxwé, de Béninois Francs-Maçons ont voté pour l’inconnu que vous étiez ? Je le répète : vous avez aggravé la situation créée par votre prédécesseur : de la pauvreté vous avez plongé le pays dans la misère et l’on ne cesse de me demander  «  Olympe », « Doyen… », « Monsieur Bhêly-Quenum, combien avez-vous été payé pour en appeler au peuple à voter massivement pour cet homme ? » , « Mon Frère, on sait que tu n’es pas du tissu de celui-là qui, même au pied de la tombe, hurlera pour être récompensé, tout de même, toi, en avoir  appelé à voter pour Boni Yayi !... »

 

Un chef d’Etat sans racine dans un parti politique solidement structuré n’est rien, sinon un jouet au cœur d’une coalition dont les fissures mettent au jour la divergence des intérêts inavouables ; ainsi m’apparaît autour de vous le rassemblement qui s’étiole, et s’effrite du pouvoir politique dont vous ne maîtrisez pas les ressorts. Une sorte de clan qualifié d’ « évangélistes arrogants, suffisants et vaniteux. » constitue votre point d’appui. Je m’insurge contre ce fait et en appelle au peuple à vous le faire sentir. Vous avez le droit à la croyance religieuse de votre choix, à l’option philosophique convenable à votre ligne de vie, mais ni couvent vodún, ni église catholique, ni synagogue, ni mosquée, ni temple protestant ne doit régenter le chef d’un Etat laïc ; ce n’est pas le cas en ce qui vous concerne ; l’analyse de l’indécence de vos générosités pécuniaires publiquement prodiguées aux représentants des cultes dont vous ne sous-estimez pas les influences dans notre pays dénote votre faiblesse politique et votre incapacité d’opérer le changement promis.

Et vous voilà, par vos méthodes, en train de piétiner la Démocratie dont le Bénin passait pour un exemple rare en Afrique. Fait d’évidence, j’étais informé du recul de la démocratie bien avant la publication du rapport de Reporters sans frontièrescontesté par la politique du ventre ; Amnesty international aussi a tenu notre pays sur la sellette ; des proches des deux Gléxwévi zigouillés par des assassins de votre Garde présidentielle m’ont écrit :

« …vous ne dites rien de ce crime ? Fofo, on ne va pas compter sur les gens qui courent derrière Yayi et sa femme et mangent dans leurs mains … ». « Non ! les cadeaux et les cérémonies aux vodous ne vont pas ramener les deux hommes tués pour rien car ils n’avaient rien fait à ce gnanvi qu’on appelle président de la République… ». « Cher Fofo Olympe, vous êtes d’ici et vous êtes Houénouvi, il faut réagir ! »

 

J’ai fait connaître mon indignation à un intellectuel que je croyais un ami sûr. Réponse : « …la justice fera son devoir » Rien n’a été fait. Vous êtes comptable de ce rien dont le peuple se souviendra au moment opportun. J’ai attiré l’attention sur un autre fait préoccupant. Réponse : « Je ferai ma petite enquête et t’en informerai. »

Voilà le visage du CHANGEMENT. Le narcissisme caractéristique de votre personnalité ainsi que votre caution de la politique du ventre ont généré des créneaux ; s’y sont engouffrés les thuriféraires de tout acabit, espèces sans conviction, nuisibles, qui, n’ayant pas même le courage des « bouffons du roi », montrent les talons dès qu’ils subodorent l’approche de la débâcle. Demain, ils seront les tout premiers à vous trouver les défauts dont personne ne vous aurait soupçonné.

«Economiquement le pays ne se porte pas trop mal », m’a-t-on dit, voire écrit ; pourquoi donc hurle-t-on : « manque d’argent », « cherté de la vie » «  misère »? Quand on ne s’attache pas à l’Histoire de son pays, ne l’étudie pas et ne la possède pas, on ne le connaît pas ; je comprends que vous vous en soyez déconnecté en optant pour la poudre aux yeux que sont le populisme des marches, la distribution des billets de banque, etc. qui, loin de participer des ressorts du changement, en sont des pierres tombales. Le statu quo ante s’est acagnardé et vous avez renforcé le misonéisme : en deux ans d’un règne cahoteux, vous avez réalisé l’exploit extraordinaire de faire du Bénin un Etat aux abois, à plat ventre, rampant comme un wansúgogó[2] ; le plus récent exemple en était votre innommable comportement lors de la visite du ministre Brice Hortefeux, décrit par une journaliste de l’hebdomadaire français Journal du dimanche

« Pire qu’une erreur, le président Thomas Boni Yayi est une faute grave pour notre pays » ; tel était mon sentiment après la lecture du reportage dans JDD. J’ai eu honte. On n’en finit pas de m’écrire : «  Doyen , on tient beaucoup à votre vie, faites très attention, ce pouvoir est capable de tout… » Eh bien, même de la mort je n’ai jamais eu peur ; et puis, j’ai réalisé plus que ce que je voulais faire en venant en France en 1948. Ma vie est derrière moi mais la lutte continue pour mon pays que j’aime passionnément et pour l’Afrique. Aux sicaires, je dis : vous perdrez votre temps et votre énergie ; à leur commanditaire, vous aurez dépensé votre argent pour peu de choses.

 

 

Olympe BHÊLY-QUENUM.



Article ajouté le 2009-01-13 , consulté 520 fois

Commentaires


Bospar le 13/01/2009 à 21:48:02
Sans commentaire!
faly@yahoo.fr le 21/01/2009 à 14:16:23
Lettre ouverte D’olympe bhely-Quenum à YAYI Boni : aigreur, REGIONALISME et décadence d’un écrivain AU SOIR DE SA VIELaisse un commentaire 8 janvier, 2009Dans Actualité, Chronique, Manchette, Nation, Politique, SociétéComme le ciel sait toujours bien faire les choses, je viens de lire, presque à la même période, la lettre ouverte d’Olympe Bhêly-Quenum adressée au Président de la République du Bénin, le Docteur Thomas Boni YAYI et le discours sur l’état de la nation que ce dernier a prononcé devant la Représentation Nationale le mardi 30 décembre 2008, à Porto-Novo, capitale du Bénin. Pour ma part, j’y ai vu peints deux tableaux différents : le premier, l’apocalypse et le second, celui de l’espérance.

Sans pour autant caresser le Président Béninois dans le sens du poil et lui jeter des fleurs, car il reste encore beaucoup à faire pour relever les ruines de ce pays (nos aînés, les vautours, l’ont allègrement dépecé et pillé à qui mieux mieux), je voudrais, par la présente, apporter ma modeste contribution au débat et apporter ma pierre à l’édification de notre patrie commune, le Bénin.

A l’école primaire, cela fait déjà plus de 40 ans, mes compatriotes qui avaient, à l’époque, la noble mission de me former pour faire de moi un bon citoyen nous forçaient, à coups de matraque, à mémoriser certains passages du roman « Un piège sans fin », ouvrage dont vous êtes l’auteur. A l’instar de mes camarades de classe, je l’avais fait, sans rien comprendre, mais dans le seul souci de ne pas donner l’occasion au maître de me labourer le dos à coups de cravache faite avec la peau de bœuf ou avec une courroie de motobécane ou de voiture, quand le maître était de bonne humeur. Par la suite, au collège et à l’université, j’ai finalement eu l’occasion, mes maîtres ayant fait du bon travail au primaire, de lire l’intégralité de vos publications. Félicitations, cher compatriote!

Cette fois-ci, j’ai lu avec appétit votre lettre, et c’est à travers elle que j’ai appris que vous êtes de « Gléxwé », Quenum par votre père et Agbo par votre mère. Je l’ai lue, non plus comme à l’école primaire, avec des coups de cravache, mais en homme libre au Bénin. Cependant, je ne puis, comme au primaire, ne pas, à travers ces lignes, exprimer ma douleur, dans la mesure où, cette fois-ci, ce n’est plus le maître, mais l’auteur lui-même, qui assène les coups. Chaque lettre, chaque syllabe, chaque mot, chaque phrase, bref toutes les phrases me rappelaient les coups de cravache du primaire, raisons de ma colère.

Usurpation du titre de faiseur roi

Vous avez dit avoir, en 2006, appelé à voter YAYI Boni. Mes félicitations, Monsieur le faiseur de rois! Mais il y en a qui porte déjà ce titre ici, au Bénin. Etes- vous le seul à avoir appelé à voter pour YAYI Boni, pour qu’il soit élu Président de la République ? Moi, je ne suis ni de Gléxwé, ni issu des familles Quenum et Agbo. Pourtant, je ne suis pas moins béninois que vous. Je suis né au Bénin, de père et de mère béninois. J’ai étudié au Bénin. Je vis et travaille actuellement au Bénin et vu mon âge, j’ai 47 ans, je ne pense pas être de la dernière pluie. J’ai connu la période révolutionnaire dont j’ai vu défiler tous les acteurs. La période d’avant, je la connais assez bien, grâce aux aînés qui ont pris la décision de rester au Bénin, et Dieu sait qu’ils avaient aussi la possibilité d’émigrer, et aussi grâce aux écrits. J’ai interrogé l’histoire, et elle m’a dit ce dont mes aînés ont été coupables. Quant à l’historique du processus démocratique en cours, elle ne m’est guère inconnue. C’est donc ce que je suis, mon aîné Quenum.

YAYI Boni est pour nombre de Béninois n’ayant pas été principaux acteurs et responsables des turbulences de la période 1960 à 1990, le début d’une ère nouvelle, celle de l’espérance. C’est la raison pour laquelle le peuple, comme un seul homme, avait décidé de prendre sa responsabilité. Pour son élection, chacun a joué sa partition, Monsieur Quenum, du nord au sud, et de l’Est à l’ouest du Bénin. Et, pourquoi pas, de l’extérieur ! Je parle de tous ceux-là qui ont fait ce choix audacieux et salutaire pour ma patrie que j’aime tant, je n’en ai pas deux. Ma reconnaissance à tous ceux-là qui ont contribué à l’avènement de cette ère, à tous ceux qui assument leur choix sans vouloir se faire « faiseurs opportunistes de rois » et qui accompagnent avec dévouement et patience le processus, sans rien attendre en retour. Ils sont des hommes de vision. Je vous prie de bien vouloir digérer cette légèreté, celle d’un compatriote né des années bien après votre « deuxième enfant », à l’exemple d’Henri Guaino. Je ne savais pas que vous étiez également l’homme qui sauva le journal français « Libération » quand « il ne battait plus que d’une aile et poussait des cris d’un blessé à mort ». Bravo, Monsieur le « Faiseur de rois et sauveur de journaux français» !!!

En ce qui me concerne , je m’insurge contre le fait de vouloir ramener tout à soi et de vouloir se faire le dépositaire de l’élection du Docteur Boni YAYI, l’homme qui, selon vous, ne connaissait pas le pays et qui n’avait aucune racine profonde au pays. Malgré ce refrain connu depuis 2005 au Bénin, pourquoi l’avez-vous alors soutenu ? Pour que vos ouvrages soient enseignés dans les écoles primaires, secondaires ou supérieures? Comment a-t-il alors pu supplanter les hommes politiques qui, selon vous, connaissaient mieux le terrain ? Où étaient-ils, eux qui pensaient, à l’époque, avoir quadrillé tout le territoire national ? De quelle connaissance du terrain parlez-vous : celle de quelqu’un qui a quitté le pays depuis 1948, qui a vécu royalement chez le colon avant les indépendances et qui continue de tirer sur tout ce qui bouge dans son pays natal, pourvu que ses intérêts inavouables soient atteints?

Promotion du régionalisme et des partisans de la « politique de l’échec »

S’agissant de votre position quant à la méthode de gestion des affaires de la cité, vous vous dites, sans être membre d’un parti politique, du côté du Séminaire de Goho. Chacun est libre d’appartenir ou non à une formation politique. Nous sommes, ici, dans un Etat de droit. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on peut dire tout du Chef de l’Etat. On peut aussi, hélas, les aînés ont donné le mauvais exemple, l’offenser allègrement, sans se faire tirer les oreilles. Mais pour moi, Monsieur Quenum, le séminaire de Goho représente, et pour nombre de Béninois, le retour aux choses anciennes, la promotion du régionalisme et des malheurs qui ont déstabilisé notre pays de 1960 à 1972. Et, par conséquent, le retour de ceux qui en ont été les responsables. Le séminaire de Goho représente aussi la promotion du régionalisme. Pour s’en convaincre il suffit seulement de considérer l’appartenance ethnique et la provenance géographique des initiateurs de cette rencontre. Etrange qu’un écrivain de votre trempe, enseignant, journaliste, critique littéraire et chroniqueur culturel de surcroît en fasse la promotion. Goho signifie, le retour des fossoyeurs de l’économie nationale, toujours avides de richesses, nuls en ce qui concerne les opérations les plus élémentaires d’addition et de multiplication, mais spécialistes de la soustraction et de la division, pour ne pas dire partage, des richesses du pays. C’est cette situation qui avait amené, le 6 avril 2006, date de la prestation de serment du Docteur Thomas Boni YAYI, à n’avoir, en tout et pour tout, que 202 millions de FCFA dans les caisses de l’Etat béninois, somme qui, en votre monnaie, équivaut à 307.947 Euros. Goho c’est aussi ce que l’autre Quenum, l’Abbé, a appelé, « La politique de l’échec», « Les politiciens de l’échec ». L’avez-vous lu ? Avez-vous des comptes à lui régler ? Etrange, n’est-ce pas, qu’un écrivain soutienne les « politiciens de l’échec », spécialistes de la « politique de l’échec ». C’est çà, l’échec, le vrai.

L’histoire nous a montré que les douze premières années de l’indépendance de notre pays n’étaient pas des années de gloire. Nous étions spécialistes des coups d’Etat. Nous aurions patienté et aurions laissé le président Hubert MAGA mettre en œuvre sa vision, que le Bénin ne serait pas à ce stade aujourd’hui. Mais nous avions préféré les coups bas, fait la promotion du régionalisme. Nous avions, à l’époque, décidé de « tuer » l’espérance de toute une nation. Tout cela, au nom de qui ? En tout cas, pas en notre nom.

La période révolutionnaire, malgré certaines prouesses, n’était non plus celle de la gloire, malgré « les trois glorieuses ». Que dire du règne de Nicéphore SOGLO ? Si ce règne était la référence, le premier président élu à la suite de la Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990 n’aurait pas eu droit à un seul mandat. Et après ? Les mêmes acteurs, ses tombeurs, étaient revenus et, pour quels résultats ? Inversion de l’échelle des valeurs. Tous les secteurs économiques avaient été pris d’assaut par la mafia, trois années d’arriérés de dette coton, plus de 200 milliards de FCFA de dette salariale, idem pour les dettes non salariales, indicateurs au rouge, gouffres financiers à combler. C’est la période pendant laquelle on se partageait allègrement chaque année plus de 25 milliards de FCFA issus du secteur des véhicules d’occasion, sans une trace au budget national. Un gouffre de plus de 60 milliards de FCFA à combler rien que pour une société d’Etat. Et que dire des autres sociétés? Désolation. Cette période est-elle, pour vous, celle de la réussite, la période de référence? Avons-nous véritablement avancé, lorsque les auteurs de ces crimes économiques dont certains se sont réfugiés à l’Assemblée Nationale pour bénéficier d’une immunité, se mettent à discréditer les réformes en cours au Bénin, efforts d’assainissement salués par les institutions internationales ? Peut-on alors se réjouir des retrouvailles de certains d’entre eux et saluer cette initiative ? A chacun sa réponse, selon les valeurs qui sont les siennes.

Arrogance et décadence d’un écrivain

Je fais grâce des insultes d’un célèbre écrivain et intellectuel à l’endroit d’un Chef d’Etat. Je ne lui en veux pas, lui, éducateur, pour les mots grossiers qu’il a utilisés dans son texte. Et il ne me revient pas de dire à un aîné d’apprendre à respecter l’autorité, de savoir donner l’exemple, d’être lui-même un exemple et d’être courtois envers ses compatriotes. A défaut de respecter le roi, dit un adage, il faut au moins, avoir du respect pour la couronne qu’il porte.

De quels « évangélistes arrogants, suffisants et vaniteux » est-il question ? De quels Francs-Maçons parlez-vous ? De quels féticheurs s’agit-il ? Nous sommes certes, dans un Etat laïc. Chacun est libre d’exprimer sa foi et ce n’est pas un problème ici, au Bénin, pays de tolérance. On n’apprend jamais à l’église à insulter quelqu’un. Au contraire on demande de respecter l’être humain. On n’enseigne pas à l’église à voler. On prône la vertu. L’enseignement chrétien, qu’il soit catholique ou protestant n’apprend pas à insulter un être humain. On demande de l’aimer et d’être soi-même un exemple. On n’y fait pas la promotion de l’arrogance, de l’orgueil et de la vanité. On demande aux fidèles d’être humbles, doux, tolérants et respectueux le bien public. Il en est de même pour toutes les autres religions ici, au Bénin. Etonnant, n’est-ce pas, de savoir que vous êtes, comme vous le réclamez, catholique, Franc-Maçon de constitution anglaise, fils d’une grande prêtresse , et se mettre, malgré ce cumul, à fouler aux pieds les valeurs cardinales de toute religion !

De quelle laïcité parlez-vous? Ne savez-vous pas qu’un Président de la République, en prêtant serment au Bénin, invoque les mânes des ancêtres, conformément aux dispositions de la Constitution ? Avez-vous oublié que l’expression «mânes des ancêtres » fait allusion aux religions traditionnelles et que la Constitution béninoise, de ce fait, n’est pas elle-même aussi laïque qu’on le pense ?

Je voudrais, pour finir et en guise de rappel, faire un bilan des 33 mois du pouvoir du Docteur Thomas Boni YAYI.

1. Le budget de l’Etat est passé d’à peine 650 milliards à plus de 1200 milliards de FCFA en 2009, avec une forte mobilisation des ressources internes autres fois pillées par les hommes politiques aux abois. Ce budget a été voté à l’unanimité dans la nuit du 30 au 31 décembre 2008 à cause de la pertinence des actions programmées ;
2. Plus de 200 milliards de FCFA investis dans la ville de Cotonou. Cotonou fait la fierté des Béninois. Tout le pays est en chantier ;
3. Les arriérés salariaux datant des années 80 sont en cours de paiement, soit près de 200 milliards de FCFA, grâce à la politique de titrisation ;
4. Les dettes internes non salariales (une ardoise) dont celles envers les opérateurs économiques estimées à plus de 100 milliards de FCFA sont entièrement épongées ;
5. Plus de 12% d’augmentation des salaires en deux ans ;
6. Hausse significative des primes des agents de l’Etat ;
7. Près de 20000 personnes recrutées à la Fonction Publique en deux ans ;
8. Relance des filières agricoles ;
9. Gratuité de l’enseignement dans les écoles maternelle et primaire publiques depuis 2006 ;
10. construction de plus de 3500 salles de classe en deux ans et 6000 autres en cours ;
11. Recrutement massif d’enseignants ;
12. Pour très bientôt, gratuité des césariennes et des soins des enfants de 0 à 5 ans.

Tout ceci ne se fait pas avec 202 millions de FCFA dans les caisses de l’Etat. (Lire le discours sur l’état de la Nation). Un recul n’est-ce pas, Monsieur Quenum ?

En somme, les Béninois sensés savent que YAYI Boni est victime de sa rigueur dans la gestion des finances publiques. Le « petit a tout verrouillé », ont-ils l’habitude de dire. Pas de quoi alors s’attendre à être applaudi par ceux pour qui la fraude est devenue le sport favori. Il aurait laissé faire, qu’il serait pour eux le meilleur président. Nous nous connaissons tous, ici, au Bénin. Nous les avons tous pratiqués, à l’envers comme à l’endroit. Nous savons ce que chacun vaut et ce dont chacun est capable. Nous savons ce dont ils sont, ensemble, capables. Nous savons, par exemple, qu’ils ont voulu bloquer le Gouvernement, parce que la vitesse avec laquelle les choses changent du bon côté les inquiète (2011 avance à grands pas). Nous savons aussi que certains compatriotes n’ont rien d’autre à faire que de faire le tour des chancelleries occidentales pour discréditer Boni YAYI. Il n’y a rien de caché sous le soleil. Les Béninois sensés savent tout cela.

YAYI Boni, l’éboueur de la république, tâche pourtant indispensable pour un mieux- être, ne peut être applaudi par ceux qui ont rempli les caniveaux et les fosses. Il en a toujours été ainsi sous tous les cieux. Ils bouchent le nez et disent que l’éboueur n’est pas fréquentable, alors qu’ils sont responsables des odeurs nauséabondes. C’est ce à quoi on assiste au Bénin. Heureusement que ces espèces sont en voie de disparition. Quant à l’éboueur, il fait patiemment son travail salutaire. La Nation, elle, lui est reconnaissante. Ne dit-on pas souvent que le propre du génie est d’être de plus de vingt ans en avance sur son temps?

Certes, il reste beaucoup à faire, parce qu’on avait pris l’habitude, depuis que le Bénin s’appelait Dahomey, de ne pas faire chaque chose en son temps. Notre passé nous rattrape. La tâche est immense. Chacun doit jouer au mieux sa partition. A défaut d’être un homme d’action, faire des critiques objectives et non insulter. Le Bénin a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, jeunes et vieux. Le Bénin a besoin de vieux sages et non de ceux qui, voyant le grand saut naturel vers l’inconnu arriver, son prêts à tout donner au diable, y compris leur gloire et leur pays, dans le seul et unique souci de vouloir retarder l’échéance.

Alain S . Kokouvi, sociologue

aliou Serge le 28/01/2009 à 13:24:18
Olympe Bhêly Quenum est un vieux malade!!! Pardonnez- lui... Mais c'est dommage pour quelqu'un qui est aussi proche de la tombe et qui ne veut pas se remettre de ses péchés...
aliou Serge le 28/01/2009 à 13:24:26
Olympe Bhêly Quenum est un vieux malade!!! Pardonnez- lui... Mais c'est dommage pour quelqu'un qui est aussi proche de la tombe et qui ne veut pas se remettre de ses péchés...
béninois le 13/02/2009 à 23:02:39
salu doyen chaque fois que je vous lis ma conviction que vous ête un régionnaliste grandi . vous ête un grands écrivin et j'ai beaucoup aimé un piège sans fin dans lequel je vous ai découvert . bref vous n'ête pas une référence démocratique ni nationaliste même si je suis d'accore avec vous pour dire que le bénin plonge dans les profondeures de l'abime une abîme dont vous ête autant que notre nouveau monarque comptable . MERCI DE NOUS AIDER JE LE DIS CAR JE NE VOUS COMPTE PAS BENINOIS VOUS QUI ETE RESTE L'HOMME DU SUD REGIONNALISTE ANDURCI.
EXCUSEZ VOUS AUPRES DES BENINOIS ET TROUVEZ LE MOYEN DE REPARER VOTRE TOR AVEC TOUS VOS COMPLICES ENCORE TAPIS DANS L'OMBRE
yenawa le 19/02/2009 à 18:39:28
merci OBQ,sans commentaire,réflechissez et vous le comprendrez.
yenawa le 19/02/2009 à 18:39:38
merci OBQ,sans commentaire,réflechissez et vous le comprendrez.
OREKAN le 28/02/2009 à 13:51:47
9626
valtados le 06/04/2009 à 15:20:58
c'est triste pour quelqu'un de ton rang de raisonner comme un misérable commerçant commerçant de bétail. Si tu as demande un poste clairement, mais ne nous accuse pas si nous ne voulons pas faire la promotion de ton ouvrage...Long Vie à toi et sois sage.
valtados le 06/04/2009 à 15:24:12
c'est triste pour quelqu'un de ton rang de raisonner comme un misérable commerçant de bétail. Si tu veux un poste demande clairement, mais ne nous accuse pas si nous ne voulons pas faire la promotion de ton ouvrage...Long Vie à toi et sois sage

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