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INTRODUCTION
A la suite des élections
présidentielles de mars 2006, le Bénin a organisé, le 31 mars 2007,
son premier scrutin législatif depuis l’accession de Boni Yayi à la
Présidence de la République.
Les résultats de ce scrutin ont
livré un verdict similaire à celui des présidentielles organisées
un an plus tôt. Dans la nouvelle Assemblée nationale, les tendances
lourdes sont les suivantes : Emergence notable des forces politiques
favorables au chef de l’Etat,
Stagnation des forces d’opposition ou supposées comme telles
et recul des partis tampons.
Malgré l’éclatement des voix et l’hétérogénéité des courants
politiques dans l’Assemblée élue, la confirmation de l’option du
renouvellement du personnel politique, opéré un an plus tôt par les
Béninois, semble évidente. Le choix de la proportionnelle pour la
répartition des sièges ne facilite évidemment pas la formation de
blocs politiques cohérents et stables. Seulement, les regroupements
ou apparentements issus des urnes, et validés par la Cour
Constitutionnelle,
autorisent à en conclure à une nette avance des partisans du chef de
l’Etat sur leurs adversaires, virtuels ou confirmés.
Ainsi, le déséquilibre des
forces politiques en faveur du Président Yayi est l’un des
enseignements majeurs des législatives de mars 2007(I). Ce
déséquilibre favorable à Boni Yayi, reconfigure le système politique
béninois – surtout après son sacre en avril 2006 – le rapproche du
fait majoritaire (II) et font peser, autant sur le système que sur
le régime, des conséquences politiques et institutionnelles (III)
que nous nous proposons d’analyser.
I.
ETAT ACTUEL DES
FORCES POLITIQUES AU BENIN
Le présent exercice est « difficile et risqué ». Car, comme
l’observait, le Professeur Kamto, dans ses réflexions sur « la
transition vers le pluralisme politique au Cameroun »,
il s’agit, « d’écrire l’histoire immédiate alors que les faits
sont encore tout chauds et les passions ne sont point apaisées ».
« Comment alors échapper à la pression du quotidien, à la
pesanteur de l’environnement ? Où trouver le recul nécessaire pour
cerner les évènements dans leur totalité, pour les saisir dans leur
sinuosité ? » Avant d’essayer la trame d’une histoire
extrêmement politique empreinte de passion, de rancœur, de peine
pour les uns et de joie pour les autres, il convient d’admettre
d’ores et déjà que le jugement dernier sur les mutations
sociopolitiques actuellement en cours au Bénin reviendra aux
archéologues de la politique béninoise. C’est à eux qu’incombera le
soin d’en assembler les pièces essentielles, mais aussi les détails
oubliés ou simplement négligés, pour donner un éclairage complet de
cette période dite de « changement ».
Cependant, les résultats des
législatives rendus publics par la Cour constitutionnelle
présentent quelques grandes tendances qu’il convient de mettre en
évidence ici. Principalement, ces tendances touchent aux trois (3)
plus grands ensembles politiques de la compétition. Il s’agit du
Parti du Renouveau Démocratique (PRD) d’Adrien Houngbédji, de
l’Alliance pour une Dynamique Démocratique (ADD) de Bruno Amoussou,
Rosine Vieyra Soglo et Séfou Fagbohoun, et des Forces Cauris pour un
Bénin Emergent (FCBE) du Président Boni Yayi.
A.
Stagnation du
positionnement du Parti du Renouveau Démocratique (PRD)
Au terme d’un scrutin dont la
précampagne a enregistré, dans le camp de Maître Houngbédji, la
démission de plusieurs de ses responsables, le PRD s’en est sorti
avec 10 députés. Les tractations politiques, le « round »
d’observation, et même l’offensive à distance auxquels se livrent
les challengers réels d’une élection d’importance majeure, avaient
causé la démission de quatre (4) députés
du PRD et l’éclatement de son groupe parlementaire à l’Assemblée
nationale.
Sur les 10 sièges obtenus par le
PRD, deux interprétations sont possibles. La première est
sensible à la reconfiguration du paysage politique provoquée par
l’élection de Boni YAYI. Il est admissible de considérer que la
présence du Président de la République à la tête de l’Etat, avec les
moyens qu’il détient, devait davantage compliquer la tâche aux
acteurs politiques. Compte tenu de cette capacité du chef de l’Etat
à construire politiquement en sa faveur et à déconstruire l’œuvre
de ses adversaires, les 10 députés du PRD peuvent être interprétés
comme un exploit et comme le témoignage de la fidélité des électeurs
au Parti de Maître Houngbédji.
La deuxième hypothèse est
construite sur la comparaison avec les performances des listes
concurrentes. Il faut remarquer que, contrairement aux listes
les plus redoutées de la compétition, notamment l’Alliance pour une
Dynamique Démocratique (ADD) et les Forces Cauris pour un Bénin
Emergent (FCBE), seul le PRD s’est engagé sous sa propre bannière.
C’est cet élément qui justifie les commentaires de la presse
béninoise qui font du PRD le premier parti du Bénin post-Kérékou. On
peut aussi considérer que cette approche est d’autant renforcée que
les listes qui devancent le PRD en terme de nombre de sièges sont
des alliances. Elles réunissent plusieurs partis politiques dont le
score pris individuellement n’égale ni ne dépasse la performance du
PRD.
Au total, on observera que
malgré le potentiel électoral du parti dans ses fiefs traditionnels,
le PRD n’a pas amélioré son score qui est fixé à 11 députés depuis
les législatives de 1999. Si la principale force qui se veut
alternative à celle qui gouverne actuellement le pays n’a pas
nettement reculé, elle n’a pas non plus significativement marqué son
avance. Entre Recul et avancée, il convient de constater in fine,
que le PRD a stagné. La formation politique d’Adrien Houngbédji,
candidat malheureux du second tour des dernières élections
présidentielles et principal challenger de l’actuel chef d’Etat, n’a
pas bénéficié de la bipolarisation politique attendue.
B.
Recul des Partis
de l’Alliance pour une Dynamique Démocratique (ADD) Lisez la suite de l'article Il est en PDF pour vous faciliter l'impression
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