"MA CONVICTION"

Annonces




LE BENIN A L’EPRUVE DU FAIT MAJORITAIRE

Envoyée le 08-07-2008

www.joelaivo.info


Frédéric Joel AIVO
Docteur en Science Politique, diplômé de Droit Public
Ancien ATER de Science Politique de l’Université Jean Moulin Lyon 3 (France)
Enseignant de Science Politique à la Faculté de Droit et de Science Politique de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin)

 
  • CHARTE DU BLOG
  • MES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
  • Décoration du Pt HOUNGBEDJI
  • LE SCANNER DU JEUDI
  • ACTUALITES
  • GSM : Le Pt Adrien HOUNGBEDJI se pononce
  • VOS OPINIONS
  • Yayi à l'épreuve du pouvoir
  • QUI SUIS-JE ?
  • AIVO TV
  • AIVO PRESSE ECRITE
  •  


     

     
     
     

    Après les élections législatives du 31 mars 2007

    LE BENIN A L’EPRUVE DU FAIT MAJORITAIRE


    INTRODUCTION

                 I.      L’ETAT ACTUEL DES FORCES POLITIQUES AU BENIN 

    A.     Stagnation du positionnement du Parti du Renouveau Démocratique (PRD)

    B.     Recul des partis de l’Alliance pour une Dynamique Démocratique (ADD)

    C.     Le Président YAYI à la quête de la majorité parlementaire

              II.      FAIT MAJORITAIRE : CARACTERISTIQUES POLITIQUES ET FACTUELLES

    A.     Le contrôle de l’Assemblée nationale par le Chef de l’Etat

    B.     L’élection de Boni YAYI à la Présidence de la République contre l’Establishment

           III.      LES CONSEQUENCES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES ET LEGISLATIVES

    A.     L’expérience française du fait majoritaire

    B.     Les expériences béninoises du fait majoritaire et de la cohabitation

    C.     Les risques de déformation du régime et du système politiques 

    CONCLUSION

    www.joelaivo.info - LE BENIN A L’ÉPREUVE DU FAIT MAJORITAIRE - www.joelaivo.info
     

    INTRODUCTION 

    A la suite des élections présidentielles de mars 2006, le Bénin a organisé, le 31 mars 2007, son premier scrutin législatif depuis l’accession de Boni Yayi à la Présidence de la République.

    Les résultats de ce scrutin ont livré un verdict similaire à celui des présidentiel­les organisées un an plus tôt. Dans la nouvelle Assemblée nationale, les tendances lourdes sont les suivantes : Emergence notable des forces politiques favorables au chef de l’Etat[1], Stagnation des forces d’oppo­sition ou supposées comme telles[2] et recul des partis tampons[3]. Malgré l’éclatement des voix et l’hé­térogénéité des courants politiques dans l’Assemblée élue, la confirmation de l’option du renouvelle­ment du personnel politique, opéré un an plus tôt par les Béninois, semble évidente. Le choix de la proportionnelle pour la répartition des sièges ne facilite évidemment pas la formation de blocs politiques cohérents et stables. Seulement, les regroupements ou apparentements issus des urnes, et validés par la Cour Constitutionnelle[4], autorisent à en conclure à une nette avance des partisans du chef de l’Etat sur leurs adversaires, virtuels ou confirmés.

     

    Ainsi, le déséquilibre des forces politiques en faveur du Président Yayi est l’un des enseigne­ments majeurs des législatives de mars 2007(I). Ce déséquilibre favorable à Boni Yayi, reconfigure le système politique béninois – surtout après son sacre en avril 2006 – le rapproche du fait majoritaire (II) et font peser, autant sur le système que sur le régime, des conséquences politiques et institution­nelles (III) que nous nous proposons d’analyser.

     

           I.      ETAT ACTUEL DES FORCES POLITIQUES AU BENIN

     

    Le présent exercice est « difficile et risqué ». Car, comme l’observait, le Professeur Kamto, dans ses réflexions sur « la transition vers le pluralisme politique au Cameroun »[5], il s’agit, « d’écrire l’histoire immédiate alors que les faits sont encore tout chauds et les passions ne sont point apaisées ». « Comment alors échapper à la pression du quotidien, à la pesanteur de l’environnement ? Où trouver le recul nécessaire pour cerner les évènements dans leur totalité, pour les saisir dans leur sinuosité ? » Avant d’essayer la trame d’une histoire extrêmement poli­ti­que empreinte de passion, de rancœur, de peine pour les uns et de joie pour les autres, il con­vient d’admettre d’ores et déjà que le jugement dernier sur les mutations sociopolitiques actuelle­ment en cours au Bénin reviendra aux archéologues de la politique béninoise. C’est à eux qu’in­combera le soin d’en assembler les pièces essentielles, mais aussi les détails oubliés ou simple­ment négligés, pour donner un éclairage complet de cette période dite de « changement ».

     

    Cependant, les résultats des législatives rendus publics par la Cour constitutionnelle présen­tent quelques grandes tendances qu’il convient de mettre en évidence ici. Principalement, ces tendan­ces touchent aux trois (3) plus grands ensembles politiques de la compétition. Il s’agit du Parti du Re­nouveau Démocratique (PRD) d’Adrien Houngbédji, de l’Alliance pour une Dynamique Démocra­tique (ADD) de Bruno Amoussou, Rosine Vieyra Soglo et Séfou Fagbohoun, et des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) du Président Boni Yayi.

     

    A.     Stagnation du positionnement du Parti du Renouveau Démocratique (PRD)

     

    Au terme d’un scrutin dont la précampagne a enregistré, dans le camp de Maître Houngbé­dji, la démission de plusieurs de ses responsables, le PRD s’en est sorti avec 10 députés. Les tracta­tions politiques, le « round » d’observation, et même l’offensive à distance auxquels se livrent les chal­lengers réels d’une élection d’importance majeure, avaient causé la démission de quatre (4) dépu­tés[6] du PRD et l’éclatement de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.

     

    Sur les 10 sièges obtenus par le PRD, deux interprétations sont possibles. La première est sensible à la reconfiguration du paysage politique provoquée par l’élection de Boni YAYI. Il est admissible de considérer que la présence du Président de la République à la tête de l’Etat, avec les moyens qu’il détient, devait davantage compliquer la tâche aux acteurs politiques. Compte tenu de cette capacité du chef de l’Etat à construire politique­ment en sa faveur et à déconstruire l’œuvre de ses adversaires, les 10 députés du PRD peuvent être interprétés comme un exploit et comme le témoignage de la fidélité des électeurs au Parti de Maître Houngbédji.

     

    La deuxième hypothèse est construite sur la comparaison avec les performances des listes concurrentes. Il faut remarquer que, contrairement aux listes les plus redoutées de la compétition, notamment l’Alliance pour une Dynamique Démocratique (ADD) et les Forces Cauris pour un Bé­nin Emergent (FCBE), seul le PRD s’est engagé sous sa propre bannière. C’est cet élément qui justifie les commentaires de la presse béninoise qui font du PRD le premier parti du Bénin post-Kérékou. On peut aussi considérer que cette approche est d’autant renforcée que les listes qui devancent le PRD en terme de nombre de sièges sont des alliances. Elles réunissent plu­sieurs partis politiques dont le score pris individuellement n’égale ni ne dépasse la performance du PRD[7].

     

    Au total, on observera que malgré le potentiel électoral du parti dans ses fiefs traditionnels[8], le PRD n’a pas amélioré son score qui est fixé à 11 députés depuis les législatives de 1999. Si la prin­cipale force qui se veut alternative à celle qui gouverne actuellement le pays n’a pas nettement reculé, elle n’a pas non plus significativement marqué son avance. Entre Recul et avancée, il convient de constater in fine, que le PRD a stagné. La formation politique d’Adrien Houngbédji, candidat malheu­reux du second tour des dernières élections présidentielles et principal challenger de l’actuel chef d’Etat, n’a pas bénéficié de la bipolarisation politique attendue.

     

    B.     Recul des Partis de l’Alliance pour une Dynamique Démocratique (ADD)

    Lisez la suite de l'article
    Il est en PDF pour vous faciliter l'impression


     


    Retour aux archives