"LE BLOG DU Pr JOËL AÏVO"

Le ridicule !

Interrogations sur la formation du nouveau gouvernement au Bénin


 


On aurait tant souhaité que pour une fois, le Chef de l’Etat béninois tienne parole ou qu’il fasse les choses de manière plus sérieuse mais encore une fois Yayi Boni n’a fait qu’à sa tête. Les nominations de ministres ont été faites sur la base du clientélisme, de l’arrogance et de la complaisance.

Les conséquences de choix aussi fantaisistes se feront bientôt sentir et le chef du gouvernement en paiera sûrement le prix aux prochaines élections. Aux postes stratégiques, Yayi Boni veut avoir le total contrôle du pays en nommant des marionnettes. C’est le cas du nouveau patron de la sécurité publique. Armand Zinzindohoué est un ingénieur des ponts et chassées. S’il a seulement été muté du Ministère des travaux publics pour celui de l’intérieur, c’est que le distributeur de postes n’a pas voulu le mettre à la porte. Il ne s’agit ni plus ni moins d’une nomination en guise de remerciement pour ses allégeances et les louanges médiatiques au nom du chef de l’Etat. Dangereusement paresseux et incompétent, ce monsieur a fait du Ministère de la Sécurité un haut lieu du je-m’en-foutisme. Il est aujourd’hui bombardé à la tête d’un département qui lui permettra de mettre a nu toute son inexpérience à gérer des crises. Ce rigolo n’est malheureusement pas le seul à être nourri, logé et «véhiculé» de façon abusive par Yayi Boni. Reckia Madougou, cette soi-disant ministre, est sans doute la ministre la plus particulière du Président. On n’est donc pas très surpris de la voir désormais en charge d’un vaste département qui est celui de la jeunesse, de la micro finance de l’emploi des jeunes et des femmes. Tout le monde sait aujourd’hui que son excès de zèle au sein de la Société civile lors de la campagne présidentielle 2006 n’était que de la poudre aux yeux. Sa campagne «touche pas ma constitution» lui a certes valu beaucoup de points dans l’opinion publique mais on a très vite compris par la suite ses rapports privilégiés totalement ambigus avec le Président de la République. Yayi Boni l’a assurément nommée, pour l’avoir plus proche. La jeunesse Béninoise ne s’attend donc à rien de sa part qui ne soit du verbiage et de la pure rhétorique politicienne.
Parachutée de l’Enseignement primaire au Commerce Christine Ouinsavi, spécialiste de biologie forestière aura tout à apprendre d’un ministère dont elle n’a aucune connaissance. On a parfois carrément l’impression que Yayi Boni et ses conseillers ont perdu leurs repères. Comment nommer Joseph Ahanhanzo à la tête du ministère de la réforme administrative et institutionnelle alors qu’on sait que cet intellectuel a un background de planificateur en éducation et qu’il dispose de plusieurs années d’expériences dans le domaine de l’enseignement ? Que dire du ministre en charge des relations avec les institutions ou encore d’Etienne Kossi, ingénieur des Télécommunications nommé ministre des sports ? Heureusement ou malheureusement qu’au Bénin, le ridicule ne tue pas. Tout le monde sait que l’actuel ministre des relations avec les institutions, Zachary Baba Body est un avocat de formation et que ses potentialités intellectuelles seraient mieux exploitées dans un autre ministère.
Avec le peu de femmes qui le compose, le gouvernement béninois s’affiche comme un gouvernement cruellement misogyne qui au 21 eme siècle, à l’image de plusieurs autres Etats africains, refuse de croire que la femme a les mêmes compétences que l’homme et que nommées à des postes de responsabilités, la plupart des femmes réussissent mieux que les hommes. Amateurisme, incompétence ou manque de rigueur, on ne sait que très peu, les raisons qui motivent Yayi Boni à opérer de tels choix et espérer de bon résultats à la fin de son mandat. En raison des dossiers brûlants de l’heure et surtout de la crise économique généralisée, on voit mal comment les ministres mal nommés, peuvent s’engager immédiatement au travail et produire de bons rendements. L’efficacité recherchée par le Président de la République tant pour marquer des points sur le terrain politique que pour des missions républicaines est donc loin de se concrétiser. On peut donc facilement conclure qu’en dirigeant le pays comme bon lui semble et avec autant de complaisance, Yayi Boni est en train de signer petit à petit, son arrêt de mort politique.



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10/12/2008
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