Commentaires
Richard Magnidet le 28/02/2008 à 10:11:14
26 février 2008 - Désignation précipitée des membres de la Cour Constitutionnelle : Panique au sommet de l’Etat
Les membres de la Conférence des présidents ont été invités ce jour mardi 26 février 2008 à 17 heures au Palais des Gouverneurs pour, dit-on, procéder entre autres, à la désignation des quatre représentants de l’institution parlementaire à la Cour Constitutionnelle. Une donne qui, non seulement complique la situation au Parlement, mais aussi et surtout traduit la panique qui s’est installée au sommet de l’Etat.
La peur a gagné à nouveau le sommet de l’Etat. C’est du moins ce qu’il convient de retenir de la manière précipitée avec laquelle Mathurin Nago veut que le Parlement désigne ses quatre représentants à la prochaine Cour Constitutionnelle. La question que ne cesse de se poser chaque député depuis hier est de savoir ce qui rend ce dossier urgent ? Une interrogation tout à fait légitime en ce sens que le mandat de la Cour Constitutionnelle expire en juin 2008, soit dans trois mois. Depuis six mois, l’Assemblée Nationale n’a pas désigné ses représentants à la Haute Cour de Justice et dans les Parlements régionaux. On n’y trouve aucune urgence malgré les démarches répétées de certains députés pour combler ce vide. Voilà que par note N° 08-049 du 25 février 2008, le président Mathurin Nago invite les membres de la Conférence des présidents pour ce jour dans le cadre de la désignation des membres de la prochaine Cour Constitutionnelle. Cela cache forcément quelque chose. Au niveau de la démarche, il y a tellement de contradictions qui frappent à l’œil. C’est d’abord le Secrétaire général administratif qui convoque les membres de la Conférence des présidents pour hier et ceci pour le même motif. Quelques heures après, c’est le président de l’Assemblée Nationale qui les convoque à son tour pour le lendemain. Ce sont là autant de cafouillages qui donnent une idée de l’état d’esprit du moment de ceux qui nous gèrent. En réalité, c’est que le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi a fini par comprendre qu’à tout moment, Mathurin Nago peut perdre son fauteuil. Pour parer au plus pressé, il vaut mieux procéder à la désignation des représentants de l’Assemblée Nationale à la Cour Constitutionnelle pendant qu’il est encore temps. Sur les sept membres que compte l’auguste institution, quatre sont désignés par le Parlement. Le président de l’Assemblée Nationale lui-même n’y croit plus tellement. Les dernières informations recueillies font également état de ce que, une fois encore, le gouvernement entend jouer sur les procurations à retirer auprès de certains membres du Bureau sur qui on ne compte pas à 100 %. Les mêmes sources révèlent aussi que les autres groupes parlementaires seraient prêts à s’opposer à cette manière dictatoriale de procéder, surtout qu’il n’y a aucune urgence à désigner les représentants de l’institution à la Cour Constitutionnelle.
H. HOUNGNIBO le 28/02/2008 à 10:24:44
Attaché de presse : silence !
Un communiqué de presse moralisateur nous est parvenu de l’Assemblée Nationale. Il est signé de M. Firmin Gbékan, Attaché de presse du Président de l’Assemblée Nationale agissant au nom de la cellule de communication de l’institution parlementaire. Le communiqué qualifie l’information relative à une altercation manquée entre le Président de l’Assemblée Nationale et le premier questeur de " pure imagination ". L’avertissement se poursuit comme quoi le Président de l’Assemblée Nationale ne saurait tolérer plus longtemps les graves dérives qui s’observent actuellement au niveau de certains organes de presse. Il a beau nuancer, cela ne l’excuse guère. C’est une boulette. La boulette de Firmin Gbèkan relance la question de savoir si les conseillers en communication et les attachés de presse doivent s’exprimer dans les médias. La réponse est doublement non.
D’abord NON. La parole politique n’a de valeur que si elle émane des politiques. Ce sont eux qui sont élus ou nommés par le peuple ou le Président de la République. Ensuite NON, il y a le respect de la hiérarchie. Un attaché de presse n’est pas porte-parole, il n’agit pas es-qualité. La boulette de Firmin Gbèkan est un litige délibéré voulu par le Président de l’Assemblée qui met la parole politique en danger et hisse sa cellule de communication au-dessus de son cabinet. C’est suffisamment grave !
On ne peut pas permettre aux conseillers en communication et attachés de presse de s’exprimer dans les médias au nom des politiques. Cela d’autant plus que s’exprimer dans les médias est un métier différent de celui du journaliste et de l’attaché de presse. Cela a même donné, dans les pires années de la politique, l’expression : " la langue de bois ". Le politique qui s’exprime dans les médias, contrôle les mots, choisit les images pour passer un message sans vouloir forcément ( !) entretenir une confusion au sein de l’opinion publique. Il y a dans ce registre, deux figures historiques qui illustrent beaucoup d’enseignements dans les instituts de formation au leadership politique : Jésus et Socrate. Pourquoi le Professeur Mathurin Nago ne choisirait pas de s’exprimer dans des (et non " les ") médias pour argumenter, expliquer, convaincre, séduire, plaire…cela dépend de la fonction de communication qu’exige la situation qui le dérange et le rend anxieux. C’est justement à ce niveau qu’intervient le rôle d’un conseiller à la communication bien différent de celui d’attaché de presse. Ce n’est pas de l’invective que de recommander à la cellule de communication de l’Assemblée deux livres essentiels à la compréhension du rôle du communicateur auprès des politiques : La Communication politique, de Jacques Gerstlé (23, 40 Euros) et le Petit traité de propagande : A l’usage de ceux qui la subissent, de Etienne Augé (18 ,53 Euros). Ce ne sont pas des ouvrages qui coûtent. Le Président de l’Assemblée Nationale peut bien, au détour d’une mission parlementaire à Paris, s’en procurer pour sa propre gouverne ou pour sa cellule de communication s’il désire bien qu’elle soit excellente.
Il en résulte que l’attaché de presse, en agissant tel qu’il a fait, est sorti de ses prérogatives. Il n’a pas le droit de parler implicitement au nom de l’institution parlementaire encore moins du Président de l’Assemblée Nationale…Même en rapportant les propos de son Président, il atténue la crédibilité de l’information. L’émetteur de la parole politique doit être le titulaire de la charge. Pourquoi le Président de l’Assemblée Nationale n’animerait pas un blog contrôlé (par le conseiller en communication politique) sur le site de l’Assemblée Nationale ? Pourquoi, l’attaché de presse ne susciterait-il pas une interview travaillée et retravaillée à publier dans un média de grande portée ? On a vu par exemple Carla Bruni Sarkozy s’exprimer dans l’Express de mon excellent ami Christophe Barbier dont on connaît pourtant la ligne éditoriale vis-à-vis de Nicolas Sarkozy ? Il y a dans ce communiqué de la cellule de communication du Président de l’Assemblée Nationale de la fatigue et l’absence de volonté …à agir en professionnel de la communication politique qui n’a rien à voir avec le journalisme même si ce dernier y contribue.
Herbert Houngnibo
Marius BEHANZIN le 28/02/2008 à 10:42:48
Renouvellement du mandat des sages de la Cour Constitutionnelle : Nago pressé de désigner "ses" représentants
A environ quelques mois de la fin du mandat des sages de la Cour, la cinquième législature donne le top du renouvellement des institutions étatiques. Le président Nago a lancé depuis hier le processus de la désignation des représentants des députés à la Cour Constitutionnelle pour le mandat prochain. Le processus de désignation des quatre représentants à la Cour Constitutionnelle vient d’être enclenché. Tous les groupes parlementaires ont été saisis hier pour dégager leurs différents candidats à la Cour Constitutionnelle. A cet effet, la conférence des présidents est convoquée pour ce jour. Laquelle conférence sera consultée par le président Mathurin Nago conformément aux articles 17.1-j du règlement intérieur de l’Assemblée, et 115 de la loi fondamentale. Les quatre représentants du parlement sur les 7 sages de la cour seront, après ce processus, désignés par l’Assemblée. Contrairement à beaucoup d’autres institutions républicaines où la loi est restée muette ou floue sur le profil des personnalités devant les animer, l’article 115 de la Constitution a fixé les critères des candidats à ce poste de sage de Haute juridiction dont les décisions sont sans recours. Lire l’extrait de la Constitution Article 115 La Cour Constitutionnelle est composée de sept membres dont quatre sont nommés par le Bureau de l’Assemblée Nationale et trois par le Président de la République pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Aucun membre de la Cour Constitutionnelle ne peut siéger plus de dix ans. Pour être membre de la Cour Constitutionnelle, outre la condition de compétence professionnelle, il faut être de bonne moralité et d’une grande probité. La Cour Constitutionnelle comprend : Trois magistrats ayant une expérience de quinze années au moins dont deux sont nommés par le Bureau de L’Assemblée Nationale et un par Président de la République ; deux juristes de haut niveau, professeurs ou praticiens du droit, ayant une expérience de quinze années au moins nommés l’un par le Bureau de L’Assemblée Nationale et l’autre par le Président de la République ; deux Personnalités de grande réputation professionnelle nommées l’une par le Bureau de L’Assemblée Nationale et l’autre par le Président de la République. Les membres de la Cour Constitutionnelle sont inamovibles pendant la durée de leur mandat. Ils ne peuvent être poursuivis ou arrêtés sans l’autorisation de la Cour Constitutionnelle et du Bureau de la Cour Suprême siégeant en session conjointe sauf les cas de flagrant délit. Dans ce cas, le Président de la Cour Constitutionnelle et le Président de la Cour suprême doivent être saisis immédiatement et au plus tard dans les quarante-huit heures. Les fonctions de membres de la cour constitutionnelle sont incompatibles avec la qualité de membres de gouvernement, l’exercice de tout mandat électif, de tout emploi public civil ou militaire, de toute autre activité professionnelle ainsi que de toute fonction de représentation nationale, sauf dans le cas prévu à l’article 50 alinéa 3. Une Loi organique détermine l’organisation et le fonctionnement de la cour constitutionnelle, la procédure suivie devant elle, notamment les délais pour sa saisine de même que les immunités et le régime disciplinaire de ses membres.
Negro98 le 28/02/2008 à 11:37:47
Pour comprendre un peu ce qui se passe je vous invite à lire les machins comme "l'Etat et la Révolution, les principes fondamentaux du marxisme-lénisme", et autres livres rouges. Ce n'est pas sorcier tout y ai. Ne vous étonnez pas de voir lors de la relecture de notre constitution qu'on nous redéssine le schéma des "grands électeurs" à la cubaine et autres où le peuple après l'élection de ses représentants à la base (niveau local) laisse le soins à ceux de faire le reste -Président, dirigeants d'institutions, etc.- C'est la volonté du peuple! Content ou pas content quand même. Politique spectacle, comme dirait l'autre, oblige; le président sur tous les fronts, le palais tourne au ralentie, les ministères n'en parlons plus; les ministres derrière leur chef au nom du peuple, applaudissemnt et vive la misère quand les barrons du gouvernement vivent aux frais de la princesse. Et attention! taisez-vous sinon je dis au peuple que vous êtes des apatrides. C'est triste, je me vois au début de la révolution de 72 qui était alors plus organisée que le changement. Je suis plus triste quand je vois des gens qui ma foi pouvaient, à tête froide, faire des analyses pragmatiques se mettre à faire l'apologie d'un régime qui mélange torchons et serviettes. Prêts à tout. Des cadres, quelle honte!!!, sont-ils crétins? comme le disait l'autre.
Il faut savoir ou apprendre à bien faire les choses car même en pleine guerre le Grand Napoléon disait à son valet, je cite: je suis pressé mais habilles-moi calmement. J'ai espoir que tous nous comprendrons un jour et ce jour ne sera pas trop loin pour qu'il ne soit pas trop tard.
sylva T. le 01/03/2008 à 11:20:10
Par rapport à la désignation des 4 membres de la Cour
Pourquoi Nago a-t-il désobéi à Yayi ?
Il y a une semaine, le chef de l’Etat a travers une requête adressée au président Nago, obligeait le bureau de l’Assemblée Nationale à désigner un peu plus tôt que d’habitude les représentants du parlement devant siéger à la Cour constitutionnelle. En effet, ce dossier a été introduit au cabinet du président de l’Assemblée nationale par le garde des sceaux, ministre de la justice Gustave Kassa. Donc normalement, le professeur Mathurin Nago devrait selon les injonctions du président de la République procéder à la désignation des représentants du législatif à la Cour Constitutionnelle. Mais contre toute attente et contrairement à ses habitudes, le président Nago n’a pas satisfait aux desiderata du chef de l’Etat. Et ce sont carrément d’autres dossiers qu’il a jugés plus importants qui ont été inscrits à l’ordre du jour. Mais il faut aller comprendre ce comportement de Mathurin Nago qui pourtant est souvent aux ordres du chef de l’Etat. En réalité, c’est sentant la destitution de Nago imminente que le président Boni Yayi voulait cependant avoir l’élection ses hommes en plus des trois que lui-même va désigner à la Cour Constitutionnelle, a voulu que les 04 membres de l’Assemblée soient désignés au plus vite avant le départ de Nago. Car pour lui, celui qui remplacerait le professeur Mathurin Nago pourrait ne pas être favorable à son jeu. La désobéissance de Nago à Yayi se situe dans le fait que le chef de l’Etat ayant appris la probable destitution du professeur Nago, n’a rien fait pour empêcher cela. Et tel sur un champ de bataille en période de guerre, l’a abandonné aux mains des adversaires alors qu’il devrait le secourir quel que soit le prix. C’est pour se venger de cette désolidarisation du chef de l’Etat que Nago n’a pas obéi à Yayi. La fin justifie les moyens.
La Constitution en Afrique site : /www.la-constitution-en-afrique.org/ | le 01/03/2008 à 18:30:52
L'affaire est d'importance, mais la sagesse commande d'analyser avec la distance nécessaire.
Comparer le Bénin à Cuba n'a aucun sens! .
Jusqu'à ce jour le Bénin a su - malgré les embûches, les mauvais coups, les conflits et controverses de toutes sortes- continuer sa marche vers un Etat de droit et de démocratie pluraliste; il reste un laboratoire unique en son genre sur le continent. Les béninois sauront faire montre de toute la vigilance requise pour que la prochaine Cour Constitutionnelle continue à rendre d'éminents services.
Pour alimenter vos réflexions lisez et commentez sur le site LA CONSTITUTION EN AFRIQUE: "L'Etat de droit et de démocratie pluraliste au Bénin" et "La paix par la Constitution en Afrique?"
Au plaisir d'échanger.
Commentaires
Richard Magnidet le 28/02/2008 à 10:11:1426 février 2008 - Désignation précipitée des membres de la Cour Constitutionnelle : Panique au sommet de l’Etat
Les membres de la Conférence des présidents ont été invités ce jour mardi 26 février 2008 à 17 heures au Palais des Gouverneurs pour, dit-on, procéder entre autres, à la désignation des quatre représentants de l’institution parlementaire à la Cour Constitutionnelle. Une donne qui, non seulement complique la situation au Parlement, mais aussi et surtout traduit la panique qui s’est installée au sommet de l’Etat.
La peur a gagné à nouveau le sommet de l’Etat. C’est du moins ce qu’il convient de retenir de la manière précipitée avec laquelle Mathurin Nago veut que le Parlement désigne ses quatre représentants à la prochaine Cour Constitutionnelle. La question que ne cesse de se poser chaque député depuis hier est de savoir ce qui rend ce dossier urgent ? Une interrogation tout à fait légitime en ce sens que le mandat de la Cour Constitutionnelle expire en juin 2008, soit dans trois mois. Depuis six mois, l’Assemblée Nationale n’a pas désigné ses représentants à la Haute Cour de Justice et dans les Parlements régionaux. On n’y trouve aucune urgence malgré les démarches répétées de certains députés pour combler ce vide. Voilà que par note N° 08-049 du 25 février 2008, le président Mathurin Nago invite les membres de la Conférence des présidents pour ce jour dans le cadre de la désignation des membres de la prochaine Cour Constitutionnelle. Cela cache forcément quelque chose. Au niveau de la démarche, il y a tellement de contradictions qui frappent à l’œil. C’est d’abord le Secrétaire général administratif qui convoque les membres de la Conférence des présidents pour hier et ceci pour le même motif. Quelques heures après, c’est le président de l’Assemblée Nationale qui les convoque à son tour pour le lendemain. Ce sont là autant de cafouillages qui donnent une idée de l’état d’esprit du moment de ceux qui nous gèrent. En réalité, c’est que le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi a fini par comprendre qu’à tout moment, Mathurin Nago peut perdre son fauteuil. Pour parer au plus pressé, il vaut mieux procéder à la désignation des représentants de l’Assemblée Nationale à la Cour Constitutionnelle pendant qu’il est encore temps. Sur les sept membres que compte l’auguste institution, quatre sont désignés par le Parlement. Le président de l’Assemblée Nationale lui-même n’y croit plus tellement. Les dernières informations recueillies font également état de ce que, une fois encore, le gouvernement entend jouer sur les procurations à retirer auprès de certains membres du Bureau sur qui on ne compte pas à 100 %. Les mêmes sources révèlent aussi que les autres groupes parlementaires seraient prêts à s’opposer à cette manière dictatoriale de procéder, surtout qu’il n’y a aucune urgence à désigner les représentants de l’institution à la Cour Constitutionnelle.
H. HOUNGNIBO le 28/02/2008 à 10:24:44
Attaché de presse : silence !
Un communiqué de presse moralisateur nous est parvenu de l’Assemblée Nationale. Il est signé de M. Firmin Gbékan, Attaché de presse du Président de l’Assemblée Nationale agissant au nom de la cellule de communication de l’institution parlementaire. Le communiqué qualifie l’information relative à une altercation manquée entre le Président de l’Assemblée Nationale et le premier questeur de " pure imagination ". L’avertissement se poursuit comme quoi le Président de l’Assemblée Nationale ne saurait tolérer plus longtemps les graves dérives qui s’observent actuellement au niveau de certains organes de presse. Il a beau nuancer, cela ne l’excuse guère. C’est une boulette. La boulette de Firmin Gbèkan relance la question de savoir si les conseillers en communication et les attachés de presse doivent s’exprimer dans les médias. La réponse est doublement non.
D’abord NON. La parole politique n’a de valeur que si elle émane des politiques. Ce sont eux qui sont élus ou nommés par le peuple ou le Président de la République. Ensuite NON, il y a le respect de la hiérarchie. Un attaché de presse n’est pas porte-parole, il n’agit pas es-qualité. La boulette de Firmin Gbèkan est un litige délibéré voulu par le Président de l’Assemblée qui met la parole politique en danger et hisse sa cellule de communication au-dessus de son cabinet. C’est suffisamment grave !
On ne peut pas permettre aux conseillers en communication et attachés de presse de s’exprimer dans les médias au nom des politiques. Cela d’autant plus que s’exprimer dans les médias est un métier différent de celui du journaliste et de l’attaché de presse. Cela a même donné, dans les pires années de la politique, l’expression : " la langue de bois ". Le politique qui s’exprime dans les médias, contrôle les mots, choisit les images pour passer un message sans vouloir forcément ( !) entretenir une confusion au sein de l’opinion publique. Il y a dans ce registre, deux figures historiques qui illustrent beaucoup d’enseignements dans les instituts de formation au leadership politique : Jésus et Socrate. Pourquoi le Professeur Mathurin Nago ne choisirait pas de s’exprimer dans des (et non " les ") médias pour argumenter, expliquer, convaincre, séduire, plaire…cela dépend de la fonction de communication qu’exige la situation qui le dérange et le rend anxieux. C’est justement à ce niveau qu’intervient le rôle d’un conseiller à la communication bien différent de celui d’attaché de presse. Ce n’est pas de l’invective que de recommander à la cellule de communication de l’Assemblée deux livres essentiels à la compréhension du rôle du communicateur auprès des politiques : La Communication politique, de Jacques Gerstlé (23, 40 Euros) et le Petit traité de propagande : A l’usage de ceux qui la subissent, de Etienne Augé (18 ,53 Euros). Ce ne sont pas des ouvrages qui coûtent. Le Président de l’Assemblée Nationale peut bien, au détour d’une mission parlementaire à Paris, s’en procurer pour sa propre gouverne ou pour sa cellule de communication s’il désire bien qu’elle soit excellente.
Il en résulte que l’attaché de presse, en agissant tel qu’il a fait, est sorti de ses prérogatives. Il n’a pas le droit de parler implicitement au nom de l’institution parlementaire encore moins du Président de l’Assemblée Nationale…Même en rapportant les propos de son Président, il atténue la crédibilité de l’information. L’émetteur de la parole politique doit être le titulaire de la charge. Pourquoi le Président de l’Assemblée Nationale n’animerait pas un blog contrôlé (par le conseiller en communication politique) sur le site de l’Assemblée Nationale ? Pourquoi, l’attaché de presse ne susciterait-il pas une interview travaillée et retravaillée à publier dans un média de grande portée ? On a vu par exemple Carla Bruni Sarkozy s’exprimer dans l’Express de mon excellent ami Christophe Barbier dont on connaît pourtant la ligne éditoriale vis-à-vis de Nicolas Sarkozy ? Il y a dans ce communiqué de la cellule de communication du Président de l’Assemblée Nationale de la fatigue et l’absence de volonté …à agir en professionnel de la communication politique qui n’a rien à voir avec le journalisme même si ce dernier y contribue.
Herbert Houngnibo
Marius BEHANZIN le 28/02/2008 à 10:42:48
Renouvellement du mandat des sages de la Cour Constitutionnelle : Nago pressé de désigner "ses" représentants
A environ quelques mois de la fin du mandat des sages de la Cour, la cinquième législature donne le top du renouvellement des institutions étatiques. Le président Nago a lancé depuis hier le processus de la désignation des représentants des députés à la Cour Constitutionnelle pour le mandat prochain. Le processus de désignation des quatre représentants à la Cour Constitutionnelle vient d’être enclenché. Tous les groupes parlementaires ont été saisis hier pour dégager leurs différents candidats à la Cour Constitutionnelle. A cet effet, la conférence des présidents est convoquée pour ce jour. Laquelle conférence sera consultée par le président Mathurin Nago conformément aux articles 17.1-j du règlement intérieur de l’Assemblée, et 115 de la loi fondamentale. Les quatre représentants du parlement sur les 7 sages de la cour seront, après ce processus, désignés par l’Assemblée. Contrairement à beaucoup d’autres institutions républicaines où la loi est restée muette ou floue sur le profil des personnalités devant les animer, l’article 115 de la Constitution a fixé les critères des candidats à ce poste de sage de Haute juridiction dont les décisions sont sans recours. Lire l’extrait de la Constitution Article 115 La Cour Constitutionnelle est composée de sept membres dont quatre sont nommés par le Bureau de l’Assemblée Nationale et trois par le Président de la République pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Aucun membre de la Cour Constitutionnelle ne peut siéger plus de dix ans. Pour être membre de la Cour Constitutionnelle, outre la condition de compétence professionnelle, il faut être de bonne moralité et d’une grande probité. La Cour Constitutionnelle comprend : Trois magistrats ayant une expérience de quinze années au moins dont deux sont nommés par le Bureau de L’Assemblée Nationale et un par Président de la République ; deux juristes de haut niveau, professeurs ou praticiens du droit, ayant une expérience de quinze années au moins nommés l’un par le Bureau de L’Assemblée Nationale et l’autre par le Président de la République ; deux Personnalités de grande réputation professionnelle nommées l’une par le Bureau de L’Assemblée Nationale et l’autre par le Président de la République. Les membres de la Cour Constitutionnelle sont inamovibles pendant la durée de leur mandat. Ils ne peuvent être poursuivis ou arrêtés sans l’autorisation de la Cour Constitutionnelle et du Bureau de la Cour Suprême siégeant en session conjointe sauf les cas de flagrant délit. Dans ce cas, le Président de la Cour Constitutionnelle et le Président de la Cour suprême doivent être saisis immédiatement et au plus tard dans les quarante-huit heures. Les fonctions de membres de la cour constitutionnelle sont incompatibles avec la qualité de membres de gouvernement, l’exercice de tout mandat électif, de tout emploi public civil ou militaire, de toute autre activité professionnelle ainsi que de toute fonction de représentation nationale, sauf dans le cas prévu à l’article 50 alinéa 3. Une Loi organique détermine l’organisation et le fonctionnement de la cour constitutionnelle, la procédure suivie devant elle, notamment les délais pour sa saisine de même que les immunités et le régime disciplinaire de ses membres.
Negro98 le 28/02/2008 à 11:37:47
Pour comprendre un peu ce qui se passe je vous invite à lire les machins comme "l'Etat et la Révolution, les principes fondamentaux du marxisme-lénisme", et autres livres rouges. Ce n'est pas sorcier tout y ai. Ne vous étonnez pas de voir lors de la relecture de notre constitution qu'on nous redéssine le schéma des "grands électeurs" à la cubaine et autres où le peuple après l'élection de ses représentants à la base (niveau local) laisse le soins à ceux de faire le reste -Président, dirigeants d'institutions, etc.- C'est la volonté du peuple! Content ou pas content quand même. Politique spectacle, comme dirait l'autre, oblige; le président sur tous les fronts, le palais tourne au ralentie, les ministères n'en parlons plus; les ministres derrière leur chef au nom du peuple, applaudissemnt et vive la misère quand les barrons du gouvernement vivent aux frais de la princesse. Et attention! taisez-vous sinon je dis au peuple que vous êtes des apatrides. C'est triste, je me vois au début de la révolution de 72 qui était alors plus organisée que le changement. Je suis plus triste quand je vois des gens qui ma foi pouvaient, à tête froide, faire des analyses pragmatiques se mettre à faire l'apologie d'un régime qui mélange torchons et serviettes. Prêts à tout. Des cadres, quelle honte!!!, sont-ils crétins? comme le disait l'autre.
Il faut savoir ou apprendre à bien faire les choses car même en pleine guerre le Grand Napoléon disait à son valet, je cite: je suis pressé mais habilles-moi calmement. J'ai espoir que tous nous comprendrons un jour et ce jour ne sera pas trop loin pour qu'il ne soit pas trop tard.
sylva T. le 01/03/2008 à 11:20:10
Par rapport à la désignation des 4 membres de la Cour
Pourquoi Nago a-t-il désobéi à Yayi ?
Il y a une semaine, le chef de l’Etat a travers une requête adressée au président Nago, obligeait le bureau de l’Assemblée Nationale à désigner un peu plus tôt que d’habitude les représentants du parlement devant siéger à la Cour constitutionnelle. En effet, ce dossier a été introduit au cabinet du président de l’Assemblée nationale par le garde des sceaux, ministre de la justice Gustave Kassa. Donc normalement, le professeur Mathurin Nago devrait selon les injonctions du président de la République procéder à la désignation des représentants du législatif à la Cour Constitutionnelle. Mais contre toute attente et contrairement à ses habitudes, le président Nago n’a pas satisfait aux desiderata du chef de l’Etat. Et ce sont carrément d’autres dossiers qu’il a jugés plus importants qui ont été inscrits à l’ordre du jour. Mais il faut aller comprendre ce comportement de Mathurin Nago qui pourtant est souvent aux ordres du chef de l’Etat. En réalité, c’est sentant la destitution de Nago imminente que le président Boni Yayi voulait cependant avoir l’élection ses hommes en plus des trois que lui-même va désigner à la Cour Constitutionnelle, a voulu que les 04 membres de l’Assemblée soient désignés au plus vite avant le départ de Nago. Car pour lui, celui qui remplacerait le professeur Mathurin Nago pourrait ne pas être favorable à son jeu. La désobéissance de Nago à Yayi se situe dans le fait que le chef de l’Etat ayant appris la probable destitution du professeur Nago, n’a rien fait pour empêcher cela. Et tel sur un champ de bataille en période de guerre, l’a abandonné aux mains des adversaires alors qu’il devrait le secourir quel que soit le prix. C’est pour se venger de cette désolidarisation du chef de l’Etat que Nago n’a pas obéi à Yayi. La fin justifie les moyens.
La Constitution en Afrique site : /www.la-constitution-en-afrique.org/ | le 01/03/2008 à 18:30:52
L'affaire est d'importance, mais la sagesse commande d'analyser avec la distance nécessaire.
Comparer le Bénin à Cuba n'a aucun sens! .
Jusqu'à ce jour le Bénin a su - malgré les embûches, les mauvais coups, les conflits et controverses de toutes sortes- continuer sa marche vers un Etat de droit et de démocratie pluraliste; il reste un laboratoire unique en son genre sur le continent. Les béninois sauront faire montre de toute la vigilance requise pour que la prochaine Cour Constitutionnelle continue à rendre d'éminents services.
Pour alimenter vos réflexions lisez et commentez sur le site LA CONSTITUTION EN AFRIQUE: "L'Etat de droit et de démocratie pluraliste au Bénin" et "La paix par la Constitution en Afrique?"
Au plaisir d'échanger.