"LE BLOG DU Pr JOËL AÏVO"

Vengence émergente !

Entre plaisantain...


23 janvier

Deux amis se parlent ; dialogue singulier ; le docteur-président et son inconditionnel professeur Gbêgnonvi. Le second par les médias (jamais le même canal) : Golfe Tv pour l’appel de pied, le quotidien Nouvelle Expression pour le refus « poli ». Le premier par le compte rendu du conseil des ministres. La gouvernance publique théâtralisée de la manière la plus ubuesque. Ces entractes à ciel découvert donnent un aperçu du style Yayi. Au décompte, le professeur a marqué un grand coup comme l’a rappelé de nombreuses coupures de presse dont certains voient la vengeance de Gbêgnonvi. Ce dernier porte bien son titre d’enseignant, psychologue par essence. Son débarquement surprise du gouvernement sentait un parfum d’inachevé. On s’attendait logiquement à une réplique à la hauteur de l’humiliation initiale.

La stratégie est tout droit sortie du laboratoire de la ruse qui sert de bréviaire à l’émergence depuis 2006. Le Gbêgnonvi, très psychologue, nous l’avons vu, s’invite à la télé, enrobe sa demande dans un appât qui ne pouvait que faire mouche à la Marina : le septennat pour permettre au docteur-président, en cas de rempilage, de réaliser son vœu de parvenir à un taux de croissance à deux chiffres. Dans un contexte où il est question de révision de la constitution ; où le régime subi de plein fouet les rebuffades directes d’un autre grand intellectuel, Olympe Bhêly-Quenum. Il fallait quelqu’un pour rétablir un certain équilibre. Mais pour le revanchard, une pointe de plaisanterie à la fin sert à parfaire la volonté de railler le système.

Dassoundo ne croyait pas si bien dire en évoquant la réactivité à fleur de peau à la Marina. Un diagnostique confirmé au superlatif par le chef d’œuvre de Gbêgnonvi. Son pied de nez à Yayi après sa nomination au poste de conseiller spécial à la Bonne gouvernance ouvre une fenêtre sur la légèreté avec laquelle on fonctionne là-bas au point de rendre publique la nomination d’un collaborateur sans prendre son avis. De la même manière que les députés Valentin Houdé et Basile Ahossi nommés ministres et qui ont tous refusé d’aller prendre service. Quelqu’un pour nous dire ce qui reste d’un des fondements de la fameuse charte du gouvernement relatif au respect de l’autorité de l’Etat. Ces plaisanteries d’Etat ne se lassent pas de banaliser la sacralité du service à la nation. N’importe qui peut désormais rejeter un appel solennel de la plus haute autorité de l’Etat du fait du dol et de la manipulation.

Sûr d’avoir frappé fort, le professeur ne boude pas son plaisir en rajoutant la leçon d’éthique. Morceau choisi : l’entourage ; cette puanteur exécrable qui a eu raison de intégriste de l’intégrité autoproclamé lors du remaniement de la mi-mandat. Or c’est le même entourage depuis 2006 – les mêmes évangélistes, les mêmes courtisans, les mêmes généraux-militants, les mêmes anciens révisionnistes reconvertis aux vertus du caurisme. Sans doute que depuis quelques semaines, il faut y ajouter les démarchés, la bande à Kindjanhoundé, Gnonlonfoun, Sé Guéné. Mais jusque-là, les transfuges n’ont pas encore réussi à infiltrer la garde rapprochée du docteur-président-plus-que-Dieu.

La satisfaction pour le professeur ne s’arrête pas à la vengeance personnelle. Les puristes de la caste de O.B-Q apprécieront ce geste chevaleresque d’une probité irréprochable. Pour une fois, la rente et les avantages liés au poste n’ont pu dicter leur loi. L’honneur est sauf. On imagine l’ampleur de la déchéance si des postes pouvaient s’obtenir à partir de Téléthon d’un genre spécial. Le professeur risquait de se voir définitivement renier par une intelligentsia de plus en plus désabusée par l’imposture et la ruse. Devrait-il néanmoins remercier le docteur-président de l’avoir affranchi de ce bourbier le plus possible.

Tant pis si le dénouement se fait à coup de plaisanteries !!!

 



23/01/2009
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