"LE BLOG DU Pr JOËL AÏVO"

Malaise politique nationale et cherté de la vie:

  G 4, du G 13, de Force clé et de leurs alliés doivent parfaire leur approche

7 juillet 2008

In le Matinal

Les ténors de la vieille classe politique ne doivent pas se limiter aux déboires au sommet de l’Etat et à la mauvaise gestion de la cherté de la vie. Dans leurs différentes déclarations, ils semblent, en effet, avoir opté pour des critiques acerbes sans préconiser des solutions alternatives de sortie de crise.

Les barons du G 4, du G 13 et de Force Clé et de leurs alliés qui sont à la recherche des dispositions réglementaires avant d’agir ouvertement et légalement en opposants au régime du changement profitent énormément de la situation actuelle et des canaux de communication gratuits pour mieux affronter le gouvernement. Autrement dit, ils attendent la prise par le chef de l’Etat du décret d’application du statut de l’opposition avant de s’affirmer. Néanmoins, ils ne ratent pas les occasions pour jouer le rôle. La situation paraît paradoxale et on a tendance à croire qu’ils n’ont pas encore le courage de leur opinion et ont une vue courte des débats politiques dans le pays. Oubliant évidemment que par le passé, il y a eu une forme d’opposition qui a su prendre, très tôt, ses responsabilités et a surtout agi dans le sens du succès. En effet, seul contre tous, le président émérite du Parti national Ensemble, le professeur Albert Tévoédjrè, s’est organisé, en marge de tout texte législatif et réglementaire, pour affronter et ébranler le régime du président Nicéphore Dieudonné Soglo, aux premières heures du renouveau démocratique. Le Renard de Djrèrègbé qui a souvent su profiter de tous les atouts qui s’offrent à lui, aurait pu chercher à profiter des adversités, à l’époque, entre le chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale d’alors, Me Adrien Houngbédji du Parti du renouveau démocratique (Prd) pour nouer des relations avec ce dernier afin de mieux s’aguerrir. Ce qui n’a pas été le cas et le professeur Albert Tévoédjrè a dû prendre son destin en main et a combattu tout seul le président Soglo. Outre les alliances contre nature qui ont été scellées, ces derniers mois et peut-être sans lendemain juste pour rendre la vie dure au président Yayi Boni et ses partisans, il faut reprocher aux acteurs du G 4, du G 13 et de Force Clé et à leurs alliés, d’avoir opté seulement pour des critiques sans chercher à proposer des solutions alternatives pour justifier de leur capacité et ensuite montrer qu’ils feraient mieux s’ils étaient, dans le cas actuel, à la place du président Yayi Boni. Car, on a tendance aujourd’hui à lire seulement dans leur prise de position ce que le gouvernement du changement n’arrive pas à faire, les précipitations dans la prise de certaines décisions capitales pour le pays, la mauvaise gouvernance et le manque de vision au sommet de l’Etat pour trouver des solutions à la crise économique et aux mouvements de grève perlée qui tendent à se généraliser dans tout le pays. Alors qu’ils ont la possibilité de joindre à leurs documents ce qu’ils auraient pu faire, si c’était eux, pour limiter les dégâts actuels et éviter des souffrances inutiles aux citoyens. D’une manière ou d’une autre, les Béninois veulent aussi savoir ce que préconisent les groupes politiques dits de l’opposition face à la cherté de la vie et à ses douloureuses conséquences. Car, en se limitant aux critiques, les responsables du G 4, du G 13 et de Force Clé ne jouent pas pleinement leur rôle et ne pourront pas vraiment convaincre l’opinion nationale et même internationale à leur cause.   

Manque de vision prospective

  La situation actuelle doit beaucoup préoccuper les acteurs politiques du G 4, du de G 13, de Force Clé et leurs alliés et ils auront bien besoin de revoir leur position qui doit être plus que de simples critiques. Et pour cause. D’abord, c’est parce que chacun d’eux n’a pas su convaincre les Béninois autour de leur projet de société que le Dr Yayi Boni leur a ravi la vedette en mars 2006. Et maintenant que la bonne gestion du pays paraît très difficile au pouvoir du changement, ils devraient, tout en critiquant, montrer qu’il existe vraiment d’autres moyens pour régler les problèmes, pour faire imposer leur vision pour un Bénin prospère. Avec cette option, ils gagneraient assez en popularité en vue de mieux gérer 2011 qui n’est plus si loin. Une réalité qu’ils ne veulent pas prendre en compte et préfèrent dénoncer seulement. Une fuite en avant dont les conséquences sont trop lourdes pour nombre d’entre eux. Toutes les fois, ils ont cru que c’est par leur seule participation au gouvernement, sans chercher plus loin, qui pourrait leur ouvrir la voie de la Marina. Et de fil en aiguille, ils doivent tous bientôt passer la main. C’est ce manque de vision et la compromission de certains dans la gestion des affaires au moment où ils étaient ministres ou autres qui leur ont fait rater la mise. Le tout premier grand perdant dans cette politique aveugle reste le président du Parti Social Démocrate (Psd) Bruno Amoussou qui n’est plus désormais éligible à la magistrature suprême après ces nombreuses années de combat sur le terrain. Celui qui lui emboîtera bientôt le pas sera forcément le président du Prd, Me Adrien Houngbédji dont les prises de position sont souvent en retard ou en déphasage par rapport aux réalités. Une fois en 1996, alors que les textes du pays ne prévoient pas un poste de premier ministre, lui et certains camarades se sont jetés dans les bras du Général Mathieu Kérékou qui voulait en fait, le finir politiquement. Dans la même logique, le Prd est sorti en catastrophe du gouvernement après deux ans de gestion au cours desquels les autres ministres se sont donné la main pour lui faire la fête. Une deuxième erreur grave, en plus des Soglo et des militants de la Renaissance du Bénin qui lui en voulaient, il y a les kérékouistes qui se sont s’organisés pour le combattre. Sans compter qu’il avait maille à partir avec le Renard de Djrèrègbé, Séfou Fagbohoun qui avait déjà créé son Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (Madep) et aveec Bruno Amoussou qui avait des comptes à lui régler. Un ensemble de préoccupations qui n’ont été prises en compte avant les différentes alliances entre le G 4, le G 13 et Force Clé.  

Une alliance sans lendemain ?

  On ne saurait le dire pour le moment. Mais, il y a une constance. Les élections ont souvent pris des bases claniques et régionalistes dans le pays. Et c’est à ce titre qu’il faut craindre les conséquences de l’alliance du G 4, du G 13 et de Force Clé qui fait assez de bruit actuellement et que les uns et les autres veulent renforcer par des déclarations conjointes et les autres grandes visites réciproques. Dans le cas actuel, c’est 2011 et l’issue d’un mot d’ordre de vote en faveur de tel ou de tel qui devrait être la préoccupation de chacune des parties prenantes. Toujours est-il que chacun d’eux passera le premier tour, dit-on, avec ses couleurs et on verra le reste après. Et c’est là même que réside les difficultés qu’on tend à tous les niveaux à ignorer. Qu’adviendrait-il si c’était Me Adrien Houngbédji qui accédait au second tour contre le locataire actuel du Palais de la Marina ? Que feraient les militants Rb que Nicéphore Dieudonné Soglo appelait à voter pour lui ? Idem pour Bruno Amoussou et même l’homme d’affaires Séfou Fagbohoun. Déjà dans certains grands milieux, on croit toujours que les militants de la Renaissance du Bénin ne semblent pas prêts à pardonner 1996 à Me Adrien Houngbédji à qui on reproche une certaine instabilité politique. Lui pourtant dont les militants ont aidé les Soglo à gagner la bataille de Cotonou. Alors que nombre d’acteurs politiques s’attendaient à voir les deux forces politiques partager l’exécutif de la plus grande ville du Bénin, ce sont les barrons de la Rb qui se sont à eux tout seuls, accaparés de l’hôtel de ville , en cédant, dit-on, juste deux arrondissements au Prd avec qui ils sont en alliance. Autant d’éléments qui doivent beaucoup inspirer le bureau politique du Prd pour revoir sa politique. Surtout que Me Adrien Houngbédji lui-même a une haute idée du dicton selon lequel les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient. En tout cas, si l’alliance continue d’être gérée de cette façon, elle risque de ne pas être d’un intérêt pour certains de ses acteurs, le moment venu. Parce qu’à l’allure où vont les choses, l’alliance du G 4, du G 13 et de Force Clé ressemble encore à ces regroupements de circonstance qui disparaissent sans qu’on n’en sache les raisons. Une fois déjà, on se rappelle l’alliance Wologuèdè disparue en catastrophe et dont les parties prenantes avaient pris la décision d’isoler autant que possible Me Adrien Houngbédji. Mais avant il y avait eu le grand groupe Adema qui n’a pas également survécu aux aléas politiques et à la guerre des intérêts. Ainsi, on est droit de craindre que les acteurs de ces différents « G » reprennent leurs chemins après la résolution des problèmes qui les font courir. C’est la lecture qu’il convient de faire de leur dernière déclaration conjointe qui s’est bornée à inventorier les difficultés actuelles du pays avec une série de revendications sans chercher à ébaucher des solutions de sortie de crise. 

 


Jean-Christophe Houngbo


07/07/2008
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