Les leçons
de « La citadelle express »
Au-delà de tout ce que l’on peut dire sur les deux dernières
parutions de « La
Citadelle Express », il faut retenir trois principales
leçons. Des leçons graves de conséquences pour le chef de l’Etat.
Leçon N°1 : « le deuxième mandat n’est pas une fin en
soi »
C’est le quotidien « La Citadelle Express »
qui l’affirme. L’organe du conseiller au changement, Edgar Guidibi. La leçon,
c’est que Yayi Boni n’a pas besoin d’un second mandat selon son conseiller au
changement. C’est pour cela que le journal demande au président de foncer tête
baissée, « advienne que pourra ». Le journal va plus loin en
demandant implicitement au chef de l’Etat de surseoir à toutes les négociations
avec les autres partis politiques : « tu n’avais pas eu besoin de
tous ces conciliabules pour avoir le pouvoir en 2006. C’est Dieu qui donne le
pouvoir »,. En conclusion, selon le journal du conseiller au changement,
le président ne pense pas se présenter aux élections en 2011. Il peut donc
faire tout ce qu’il veut. L’Assemblée peut être bloquée, la tension politique
peut atteindre son comble,…son conseiller lui demande de foncer. Le pays peut
prendre feu, il doit continuer de foncer, tête baissée.
Leçon N°2 : Des députés trahissent pour rejoindre Yayi
Toujours en référence au journal du conseiller au changement,
« La Citadelle
Express », on apprend que des députés sont prêts à
trahir leur formation de base pour servir Yayi. Des biches qui sont prêtes pour
la rivière. Des députés qui négocient en solo avec le président de la République. Il
s’agit de Abiola du Madep et de Eric Houndété de force clé. Les termes du
journal en ce sens, sont sans ambages : « Au Madep, François Abiola
t’attend pour t’aider à conduire le Bénin vers l’émergence. A force clé, Eric Houndété
n’espère que ton appel ». On comprend dès lors pourquoi Eric Houndété est
allé en Egypte avec le président. L’appel tant espéré aurait donc eu lieu. La
biche a finalement rejoint la rivière.
Leçon N°3 :La cour de Yayi : La cour du roi Pétaud ?
La cour du président Yayi Boni est donc une pétaudière.
C’est-à-dire « une maison où il n’y a ni ordre, ni autorité ». Chacun
fait ce qu’il veut. Un journaliste du Conseiller au changement du Chef de
l’Etat peut le tutoyer. Lui parler comme son enfant. Mieux, il peut dévoiler
tous les secrets et toutes les négociations politiques initiées par le chef de
l’Etat. Avis aux politiciens de tout bord : on ne peut plus aller voir
Yayi Boni en cachette. Le lendemain, l’organe de son conseiller au changement
étalera en grand votre photo. Il n’y a plus de secret à la présidence. On sait
désormais que Eric Houndété (Force clé) et François Abiola (Madep) sont prêts à
quitter leur formation politique pour rejoindre la rivière. En tout cas, selon
l’organe du Conseiller au Changement du Chef de l’Etat. En conclusion, disons
qu’on ne peut que croire ce que dit « La Citadelle Express ».
Si le poisson sort de l’eau pour dire que le caïman a des cornes, on ne peut
que croire. Ces deux animaux vivent ensemble. De même, si le quotidien du
conseiller au changement du Chef de l’Etat affirme que des députés trahissent
pour rejoindre le président, que faire ? A ce rythme, que le chef de
l’Etat ne s’étonne pas qu’un Béninois lui dise, un jour, la couleur de son
slip.
Sacca Focco