"LE BLOG DU Pr JOËL AÏVO"

Alors que tout va mal et pleure dans son pays

Les leçons de démocratie de Yayi à Mugabé (Ça fait rire)

Eric TCHIAKPE

Il ne fait plus de doute que la situation socio-politique que connaît notre pays est plus que pourrie. En plus il faut ajouter la cherté de la vie qui a encore gagné du grade ces derniers jours. Malgré un tableau de bord peu reluisant, voire sombre, le chef de l’Etat, Boni Yayi, n’est semble-t-il pas enclin à faire des concessions. Sinon comment comprendre cet entêtement à vouloir coûte que coûte empêcher l’installation de conseils municipaux et de maires dans une vingtaine de communes, en attendant soit disant le verdict de la Cour suprême. Une attitude qui n’est ni plus ni moins qu’un mépris des lois et institutions de notre pays. L’ensemble de la classe politique malgré ses incessants appels n’est pas parvenu à faire comprendre aux hommes de Boni yayi que le respect des lois est le socle de notre démocratie. C’est curieusement dans un tel contexte que le parti proche du pouvoir veut parrainer l’entrée au gouvernement d’autres tendances politiques. C’est encore dans ce même contexte de contrariété politique sur fonds de tension que notre Président a jugé bon d’intervenir sur des questions de non respect des lois au Zimbawé le pays de Robert Mugabé au cours du sommet de l’UA. Comme si lui-même respectait les lois de son pays. Pendant que les cas flagrants de non respect de la loi sont avérés et établis ici au Bénin, ils interpellent ses pairs à se pencher sur le cas des Zimbabwéens. Pour peu on croirait halluciner. Face à une telle réalité, ce qui interpelle principalement c’est la démarche politique des Fcbe et de leur leader et ensuite les résultats attendus par eux. En attendant de pouvoir donner une réponse claire à ces problèmes on peut juste constater que la situation se détériore de jour en jour autant sur le front politique que sur le front social. Avec la cherté de la vie qui ne cesse de s’accentuer, les promesses électorales et même électoralistes ont eu le temps de montrer toutes leurs limites. Du coup le ciment a fini par augmenter de prix, les produits pétroliers aussi mais surtout la promesse énergétique de Boni Yayi et de son Bénin émergent a pris la tangente. Désormais le courant électrique est devenu une denrée rare, à consommer occasionnellement et avec modération. Pas de jour sans coupure électrique. Par ailleurs malgré tout le tintamarre, aucun des fameux groupes annoncés n’a donné un kilowatt supplémentaire ni même accru le parc des groupes pour nous donner l’illusion d’une fin prochaine des coupures électriques. L’énergie émergente annoncée ressemble de jour en jour à un gigantesque canular, comme celui du prix du maïs fixé, et comme celui des denrées de premières nécessités annoncé. L’insécurité dangereusement grandissante Pareil à un cercle infernal, le banditisme a connu un regain de vitalité jamais atteint pour en rajouter à tout ce qui précède. Il ne fait désormais plus bon de circuler de nuit à moto à Cotonou. Vous courez immanquablement le risque de vous faire agresser par une nouvelle espèce de délinquants armés de coupe-coupe.

Leurs cibles de prédilection, les conducteurs hommes ou femmes de moto Djènannan de marque Honda ‘’Dream’’. A deux sur une moto ou plusieurs ils écument la nuit à la recherche de victimes qu’ils pourchassent et qu’ils dépouillent de leur monture. La police débordée ne peut en général que constater les dégâts, parce qu’elle-même est en sous effectif et est sous équipée. De ces défis quotidiens il ne semble aucunement être la préoccupation de l’Etat central, bien au contraire les forces de l’ordre en nombre déjà restreint sont mobilisées pour des tâches ingrates de contingentement de velléités politiques légitimes des autres forces politiques de la nation. Aucune volonté d’apaisement Ainsi dans une conjoncture d’extrême crispation, alors qu’on s’attend à un dégel de la situation politique on constate malheureusement que le parti au pouvoir n’affiche aucune volonté d’apaisement. Ergotant sur des détails qui n’en valent pas la peine. Du coup un sentiment progressif de rejet se fait sentir et risque d’aboutir à la non réceptivité pure et simple de toutes approches de solution émanant de l’autorité. Quand on décrypte le vote massif en 2006 des Béninois sur la personne de Boni Yayi on comprend très vite que ce qui a fait son succès en 2006 risque de devenir la cause de son départ en 2011, s’il ne change pas fondamentalement son mode de gestion des affaires de l’Etat. La politique est une affaire de politiciens et les Béninois voulaient en 2006 ne plus être les otages de ceux-ci. Plusieurs mois plus tard, le constat est amer et sans appel, Boni Yayi politise tout et veut partout, être présent. Du coup il irrite ceux qui ont les politiciens en horreur d’une part et les politiciens eux- mêmes qu’on veut éjecter de leur terrain de prédilection. Une double action qui n’a rien de bénéfique pour lui mais avec laquelle il s’entête à fonctionner.



03/07/2008
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