"LE BLOG DU Pr JOËL AÏVO"

Blocage dans l'installation des certains conseils communaux:


Issa Démolé Moko joue contre la décentralisation

 

Ecrit par Affissou Anonrin   

Le ministre Issa Démolé Moko chargé de la Décentralisation, de la Gouvernancela République. locale, de l'Administration et de l'Aménagement du Territoire a fait diffuser le samedi dernier sur les antennes de la radio nationale, un communiqué pour déclarer illégales les cérémonies qui ont conduit à l'installation de certains  conseils communaux. Le principal argument avancé est que ces conseils ont été installés en l'absence de l'autorité préfectorale ou de son représentant. Il a même demandé aux maires sortants de ne pas passer service. Ce n'est sans doute pas la meilleure méthode pour un ministre qui est sensé donner l'exemple en matière de respect des institutions de


On comprend désormais que c'est le ministre de la décentralisation qui cautionne tous les troubles qui ont émaillé les  cérémonies d'installation des conseils communaux des localités comme Sèmè-Kpodji,  Matéri, Malanville, Kandi, Avrankou, Aguégués…Le contenu du communiqué qu'il a signé et qui a été diffusé sur les antennes de la radio nationale le samedi 7 juin dernier apporte d'ailleurs la preuve que le ministre Issa Démonlé Moko a choisi de jouer contre la démocratie béninoise et plus singulièrement contre la décentralisation. Si les militants de la liste Fcbe ont osé tenir tête aux forces de l'ordre le mardi 3 juin dernier, c'est bien parce qu'ils comptent sur quelque chose ou sur quelqu'un. Et ce quelqu'un n'est rien d'autre que le ministre Issa Démolé Moko. Après les troubles survenus le mardi dernier et à la suite de la correspondance adressée à la Cour Suprême par les forces anti-Cauris, le jeudi 5 juin dernier, les autorités en charge de la décentralisation devraient adopter un ton conciliant et ne devraient pas tomber dans le panneau de ceux qui leur prêtaient des intentions. Malheureusement ! Le ministre Issa Démolé Moko n'a pas eu la hauteur d'esprit qu'il faut. Il a fait comme les autres : ceux qui ne veulent pas que le processus électoral qui devrait s'achever par l'installation des maires et des conseils aillent à son terme. L'acte posé par le ministre Issa Démolé Moko participe d'une manœuvre grossière qui a pour finalité le retard dans l'installation des conseils communaux et dans l'élection des maires jusqu'à ce que les recours adressés à la Cour Suprême soient vidés. Et pourtant, la loi est claire. Les recours ne sont pas suspensifs de la suite du processus après les résultats proclamés par la Cena. Et comme tel, l'autorité préfectorale ou ministérielle ne doit pas se prévaloir l'argument de trouble à l »ordre public pour bloquer l'installation de certains conseils communaux. Les lois particulières portant élections des membres des conseils municipaux et communaux et des membres des conseils de villages ne font pas de la présence de l'autorité préfectorale une priorité lors de l'élection du maire et des ses adjoints. De la même manière, il n'est pas dit que la cérémonie d'installation doit se tenir absolument  dans les locaux de la mairie. Ce qui est invariable, c'est la responsabilité que porte l'autorité préfectorale dans la convocation des conseillers. La loi lui fait juste obligation de convoquer les conseillers à qui il revient de s'organiser pour élire le maire et ses adjoints. Ce sont des choses que le ministre Démolé Moko connaît et qui devraient normalement se répercuter au niveau des préfets. Vouloir faire autre chose est tout simplement synonyme de porter un coup à la loi. Le ministre ne doit pas se prévaloir d'un risque de trouble à l'ordre public pour déclarer nulles et de nul effet les cérémonies d'installation  de certains conseils communaux. Il faut qu'il reconnaisse tout simplement qu'il a été défaillant car il n'a pas pu garantir par le biais de ses préfets, la sécurité sur les lieux où devraient se tenir les cérémonies d'installation des conseils communaux.

Le gouvernement dans  le dilatoire
Les membres du gouvernement se sont réunis en session extraordinaire le jeudi 5  juin 2008 pour statuer sur le blocage de certains conseils communaux. Du point fait par le ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l'Administration et de l'Aménagement du Territoire, il ressort 53 Conseils communaux et municipaux ont été installés et ont procédé à l'élection des Maires, des Adjoints aux Maires et des Chefs d'Arrondissement. 24 Conseils communaux n'ont pas pu être installés du fait de l'opposition des populations de la majorité des Communes concernées qui récusent les résultats publiés par la Cena le 20 mai 2008. Face à la situation dans ces 24 Communes,  et soucieux d'œuvrer à la poursuite normale des opérations d'installation du reste des Conseils communaux, le Conseil des Ministres a invité les forces politiques en présence à se concerter pour ramener la paix sociale dans les localités concernées. Pour ce faire, il a décidé de mettre sur pied un Comité interministériel chargé de se rendre dans lesdites Communes dans le cadre d'une mission d'apaisement des esprits après avoir réaffirmé sa volonté politique d'achever dans la paix et la cohésion nationale, l'installation des Conseils communaux. Cette position du gouvernement s'inscrit malheureusement dans une démarche qui légifère le non respect de la loi et donne raison à la minorité qui s'impose à la majorité avec la bénédiction des forces de l'ordre incapable de réprimer un trouble à l'ordre public. En démocratie, ce qui compte, c'est la loi de la majorité. Et lorsque la minorité n'est pas d'accord, elle exploite ses voies de recours qui, dans le cas d'espèce est la Cour Suprême. Inviter les forces politiques en présence à se concerter pour ramener la paix sociale dans les localités concernées est synonyme de refus des résultats proclamés par la Cena. Sur quelle base les partis politiques vont-ils s'entendre ? Est-ce à dire qu'il faut désormais mettre de côté les résultats proclamés par la Cena et prêter flanc aux récriminations de la minorité qui a perdu les élections ? Le gouvernement a malheureusement choisi de légiférer le désordre au lieu de faire régner l'ordre. Les responsables du G13, du G4 et de l'Alliance Force Clé ont été suffisamment claires lorsqu'ils saisissaient la Cour Suprême le jeudi 5 juin dernier. Ils ont déjà dit leurs volontés en exhortant la Cour Suprême à : ordonner l'achèvement des élections des maires dans un bref délai, garantir la conduite des élections dans toutes les communes sur la même base (celle retenue le 3 juin 2003) et enfin ne pas se rendre complice de manœuvres visant à procéder à des élections dans certaines communes avant le dénouement des recours et dans d'autres après.


Affissou Anonrin

 



10/06/2008
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