"LE BLOG DU Pr JOËL AÏVO"

Cen-Sad et lutte citoyenne

Cen-Sad et opposants

mercredi 18 juin 2008

Arimi CHOUBADE

Rédigé le 18 juin 2008

 

Quelle idée de miser sur une certaine opinion Cen-Sad ? Si les adversaires du régime Yayi avaient lu ma précédente chronique, ils auraient compris que la démocratie selon L’Esprit des lois de Montesquieu ne fait pas partie des lectures proposées aux hôtes du sommet de Cotonou. Au menu : discours, applaudissements, louanges à la gloire du guide, concert d’extravagances, échanges de bons procédés en matière répressive, enfin quelques blablablas sur la crise alimentaire en guise de clin d’œil à ces ventres creux alignés tout au long du parcours de la caravane venue de Tripoli.

Revenons à l’alerte à travers la déclaration commune des « opposants » béninois sur les dérives autocratiques de Yayi. Opération de portée très approximative pour ne pas dire négligeable. Aucun des gouvernements présents aux assises de Cotonou n’a manqué de consulter le rapport d’Amnesty-International au titre de l’année 2007. La dégringolade du Bénin sur les questions de respect des droits de l’homme ne pouvait passer inaperçu. On se doute bien que les services de communication des convives de Yayi ont dû consulter les coupures de la presse nationale et toute la polémique post-électorale avant de poser leurs valises à l’aéroport Cardinal Gantin.

Plus d’un mois que l’Etat-Fcbe paralyse 24 communes à l’aide de machettes, de coupe-coupe, de gourdins, de pierres. Les participants au sommet ont vu pire (ou mieux) au Tchad, au Soudan, en Somalie, au Congo où ces genres d’expression se font au bazooka, au mortier et à la kalachnikov. L’argentier attitré de la Cen-Sad se fend d’ailleurs volontiers de sa qualité de faiseur de paix (ou de guerre) au Mali, au Niger, au Tchad ou au Sénégal. A se demander si le critère fondamental de cooptation n’est pas justement la prédation des libertés.

Les partis de Houngbédji, Soglo, Amoussou, Fagbohoun, Sèhouto, Issa Salifou et alliés évoquent dans leur coup de gueule des cas d’entorse à la bonne gouvernance. L’argenterie nationale serait royalement contournée dans des manipulations de deniers publics. A qui le dit-on ? À Kadhafi ? Comme si, lui, informe les Libyens de l’utilisation faite des dinars tirés de l’exportation du pétrole et du gaz. N’allez surtout pas chercher à savoir si des élus libyens ont été consultés avant que leur gouvernement ne décide d’essaimer la sous région ouest africaine de mosquées et d’hôtels de haut standing. La pompe à fric du guide s’est exemptée de toutes conditionnalités de décaissement fondées sur des prismes rigoristes édictés par les grands manitous de Breton Wood. Au grand bonheur des détourneurs d’aide.

J’évoquais dans une précédente chronique l’absence totale de visibilité sur les ressources mises à la disposition du gouvernement Yayi Boni par le généreux guide dans le cadre de l’organisation du sommet de la Cen-Sad à Cotonou. Jamais l’Assemblée nationale n’a été sollicitée pour approuver un accord de don ou de prêt en ce sens. Tout se fait par le truchement de discrets tête-à-tête à Tripoli, suivis de communiqués dont le laconisme en dit long sur l’absence totale de transparence et de clarté. Une cosmétique exclusivement destinée à l’opinion béninoise qui ne saurait se satisfaire d’un black-out injustifié sur les pèlerinages de leur docteur-président du changement en Libye depuis deux ans.

Les « opposants » béninois ont certainement atteint la cible, sauf que cette dernière s’est immunisée contre ces luttes citoyennes occidentalisées à propos des droits de l’homme et de la bonne gouvernance.

La Cen-Sad, ce n’est pas l’Onu, encore moins l’Ue.

 



18/06/2008
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