"LE BLOG DU Pr JOËL AÏVO"

Lutte contre l’impunité et

 mauvaise gouvernance à l'ère du changement
10-07-2008 In lavouvelletribune.info
Boni Yayi dans la ligne de mire de Jean-Baptiste Elias ?Le Fonac attaque Yayi et dénonce l'ex-Dg Soneb

Le Front des organisations nationales contre la corruption (Fonac) est monté au créneau hier au Codiam à Cotonou pour se prononcer sur l'état de la lutte contre l'impunité et la mauvaise gouvernance à l'ère du changement. Au total, il a dressé un bilan catastrophique du système Yayi qu'il avait soutenu dans la lutte contre ces fléaux revenus au galop actuellement. Le gouvernement recule dans la lutte contre l'impunité et la mauvaise gouvernance. C'est ce qui ressort de la conférence de presse donnée ce mercredi à Cotonou par le Fonac. Son vice-président, Jean-Baptiste Elias, n'est pas allé du dos de la cuillère pour exprimer sa désolation contre le gouvernement qu'il avait pourtant apprécié par le passé dans son combat contre la corruption. Des mots ne lui ont pas manqué pour montrer comment l'actuel régime est en train de faire de grands pas dans l'impunité. Pour ce faire, il a déclaré que le gouvernement avait mis en place des commissions d'enquête pour vérifier les révélations du Fonac sur des affaires que des conseils de ministres ont même confirmées. « On s'attendait à des sanctions, puisque le règne de l'impunité a cessé », a souligné le conférencier qui s'est étonné du fait que plus d'un an après, aucune sanction même administrative n'est prise contre les mis en cause dont certains ont même connu des promotions dans l'administration. Pour atteindre son objectif, le Fonac a indiqué avoir mené des démarches au ministère du Travail et de la fonction publique pour que les prévenus subissent la rigueur de la loi. Au cours de ses investigations, le front des organisations nationales contre la corruption s'est rendu compte qu'aucun dossier des coupables n'a été transmis à qui de droit pour connaître des punitions, plus d'un an après. « Il y a de quoi s'inquiéter…. », a martelé Jean-Baptiste Elias, car selon ses déclarations, des sanctions sont nécessaires pour que l'impunité cesse au nom de la lutte contre la corruption.

Mauvaise gouvernance

En matière de la bonne gouvernance, le Fonac a encore donné un carton rouge au régime Yayi. Il a fait comprendre que l'actuel gouvernement a péché sur plusieurs plans à ce niveau. Pour ce faire, son vice-président a rappelé qu'un décret signé du président Boni Yayi a bien fixé les conditions pour être nommé au poste de directeurs de cabinet (Dc) et de leurs adjoints. Selon la loi, il faut être un cadre A1 et avoir 15 ans d'ancienneté pour être Dc par exemple dans un ministère. Malheureusement, à en croire les déclarations de M. Elias, toutes ces dispositions pour avoir des hommes compétents aux postes de responsabilité sont violées au vu et au su des autorités qui les ont pourtant prises. « Des diplômés sans emploi sont nommés », s'est-il désolé. Toujours dans le secteur de la gouvernance, il est indiqué que l'Inspection générale de l'Etat avait mis en place des Inspecteurs généraux dans les ministères pour un mandat de 3 ans renouvelables une seule fois. « Force est de constater qu'ils ont été enlevés au mépris des dispositions », a-t-il fait savoir. Dans le temps, le Fonac a soulevé l'utilisation abusive et illégale des véhicules administratifs autrefois condamnée par le régime du changement et le flou autour des ordres de mission.
Au total, Jean-Baptiste Elias a noté que l'impunité et la mauvaise gouvernance décriées hier par les nouvelles autorités du pays sont en train de devenir maintenant un système de direction d'une manière plus grave. C'est pourquoi, les acteurs de la lutte contre la corruption demandent au chef de l'Etat de repenser sa politique, car les mauvaises mœurs reviennent au galop.

Des révélations sur l'ex-Dg de la Soneb

Le Fonac, au cours de sa conférence de presse hier, n'a pas raté l'ex-directeur général de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), Alassane Babamoussa. Des révélations troublantes ont été faites sur sa gestion. Tout d'abord, il a été souligné que contrairement aux autres dossiers de malversations, le mis en cause a été simplement relevé de ses fonctions sans autres formes de procès, alors qu'il a été commis de graves erreurs dans sa gestion. Au 31 octobre 2007, il est révélé que les créances de la Soneb s'élevaient à plus de 7,7 milliards, au moment où on assistait à une surfacturation de plus 17,75 millions pour peindre 27 véhicules et le même scénario s'élevant à plus 55, 55 millions sur la réfection d'un magasin de la Soneb à Akpakpa à Cotonou. Jean-Baptiste Elias a déclaré avoir noté beaucoup de dysfonctionnements dans la gestion de M. Babamoussa. Ce qui étonne le Fonac est que cet accusé, après son limogeage, réclame même des avantages que le ministre des Mines, Sacca Lafia, a accepté de payer dans une lettre montrée par le conférencier. Pour ce dernier, des dispositions doivent être prises pour contraindre M. Babamoussa à rendre gorge.  

 

Jules Yaovi MAOUSSI



10/07/2008
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