"LE BLOG DU Pr JOËL AÏVO"

Refus des billets cachetés :

Les banques et institutions financières veulent enflammer le pays de Boni Yayi
Ecrit par Affissou ANONRIN   

Hier, la tension est montée d'un cran à l'Agence «A» de la Caisse nationale d'épargne située à Cadjèhoun. Les agents de guichets et les clients venus faire des opérations n'ont pas pu s'entendre sur le minimum. On a maugréé, on a injurié, on a même menacé. Au cœur de cette situation devenue ingérable à un moment donné, se trouve cette affaire de billets de banque estampillés. Par ces temps de vie chère, avouons que cela n'arrange pas le gouvernement.
« Ce n'est pas moi qui ai fabriqué les billets. Je viens de les prendre à Ecobank. Voici mon reçu. C'est bien marqué cinq cent et quelques mille Francs Cfa. Que voulez-vous que je fasse ? Vous êtes tenu de les prendre. En tout cas, je ne peux plus retourner à la maison avec.

 Ah non ! Ce n'est pas normal. Qui vous a demandé de ne pas prendre les billets cachetés ? Pourquoi n'avez-vous pas averti les clients par des canaux appropriés et c'est maintenant que vous voulez nous faire chier ? En tout cas, moi je ne bouge pas d'ici ». Ces propos sont ceux d'une dame poussée à la colère hier par les agents et responsables de la Caisse nationale d'épargne de Cadjèhoun. Cette réaction exprimée avec vigueur n'est pas restée sans réponse. Du côté des responsables de cette institution financière sous tutelle de la Poste du Bénin, on a voulu aussi hausser le ton… « Mme, reprenez tranquillement vos billets et retournez-les là où vous êtes allé les chercher. Si je les prends, je ne peux pas servir les autres clients. Ce sont des ordres que nous avons reçus…Vous n'avez pas à faire du bruit… », a rétorqué un responsable habillé en chemise jaune. Il était appuyé par un autre habillé en Bazin de couleur vert- olive. La réaction qu'ont eu ces deux responsables de la Cne Cadjèhoun a automatiquement provoqué un levé de bouclier dans la clientèle. Un homme qui venait de finir son opération et à qui on a aussi refusé des billets cachetés ne pouvait plus contenir sa colère : « Mais de qui avez-vous reçu ces ordres qui ne sont pas de nature à apaiser la tension sociale qui prévaut aujourd'hui au Bénin…Soyez un peu plus responsables voyons…Vous avez devant vous une cliente qui est en détresse et qui demande à comprendre une situation…Ce n'est pas de cette manière  que vous allez la recevoir. Votre devoir est de lui fournir des explications qu'il faut par rapport à cette nouvelle donne… ». « En tout cas, vous, vous criez seulement…Nous n'avons pas d'ordre à recevoir de vous. Il nous a été dit de ne pas prendre les billets cachetés. C'est cet ordre que nous respectons, un point c'est tout… », a dit un des responsables de la Cne Cadjèhoun. « Qui sont ceux qui vous ont donné cet ordre ? Certainement qu'ils ne mesurent pas la portée du tort qu'ils sont en train de causer au gouvernement du Dr Boni Yayi. Ce n'est pas en cette période de vie chère qu'on va refuser des billets encore qu'ils ne sont pas faux », a répliqué un client qui attendait d'être servi. A l'origine de cette ambiance inhabituelle qui a régné hier à l'Agence «A» de la Caisse nationale d'épargne, se trouve une affaire de billets de banque estampillés. Selon les informations recueillies sur place, le refus de ces billets de banque aurait été déclenché suite à un ordre venu de la Bceao. Plusieurs billets destinés à la destruction et estampillés se seraient retrouvés en circulation. Et c'est pour corriger  la situation qu'on aurait demandé aux institutions bancaires et financières de refuser ces billets de banque. Respectant à la lettre cette injonction, les caisses de la Cne ont systématiquement refusé de prendre auprès de leurs clients les billets cachetés. Hier, plusieurs personnes se sont retrouvées avec des coupures de 10.000 F Cfa portant des cachets sous les bras.

Des interprétations et suppositions

Cette situation qui n'était pas du tout attendue a donné lieu à des interprétations. Certains n'ont pas hésité à la lier à la tension sociale qui prévaut actuellement. Pour eux, le moment est très mal choisi car ce n'est pas maintenant où on parle de vie chère que les banques et les institutions financières vont déclencher cette opération de refus de billets de banque cachetés. « Les institutions bancaires qui refusent ces billets ne rendent pas service à Boni Yayi. Elles veulent enflammer le pays et précipiter le départ de Boni Yayi. Si c'est la Bceao qui est vraiment à la base de cette opération, elle a alors mal choisi le moment. Ce qui se passe est grave et on ne sait pas ce que nous réservent les jours à venir si aucune solution n'est trouvée », a fait observer une dame qu'on a refoulé avec des billets cachetés et signés qui présentent pourtant toutes les garanties de sécurité acceptées par la Bceao. « Dans quel pays sommes-nous. Les gens sont vraiment décidés à faire partir Boni Yayi. Il lui revient de vite réagir car la tournure que prennent les choses devient inquiétante. La vie est chère. Si les banques vont encore refuser des billets qui ne sont pas à priori faux, on se demande là où on va », s'est exclamé un autre client qui ne savait plus à quel saint se vouer.  
La situation n'est pas spécifique à la Caisse Nationale d'épargne. Au marché et dans certains espaces commerciaux, les échanges de propos se terminent parfois dans la violence. La situation est bien grave et il faut que l'autorité intervienne pour parer au plus pressé qu'il ne soit trop tard.
Prompte réaction de Marcel de Souza de la Bceao
A
la Bceao, on ne se reconnaît pas à travers la  version colportée par les rumeurs. D'ailleurs, le Directeur national de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, M. Marcel de Souza a rétabli la vérité à la télévision nationale en ces termes : «  Nous avons été informé et nous avons reçu des billets de 10.000 F et de 5.000 F sur lesquels on retrouve des cachets, des griffes des inscriptions pour lequel il nous est revenu de constater que le public refuse. Je tiens à préciser que d'abord les billets de banque ne sont pas des enveloppes sur lesquelles on met des cachets…Ces billets de banque sont une propriété de la Bceao et c'est un bien public. Lorsque vous inscrivez des indications dessus, lorsque vous mettez des griffes ou des numéros de téléphone, vous participer à la dégradation de ce qu'on appelle circulation fiduciaire. Ceci étant, je tiens à préciser que même si ces billets portent des inscriptions, des cachets, des griffes, ces billets conservent toujours leur pouvoir légal sur toute l'étendue des huit pays membres de l'Uemoa. Nul n'a donc le droit de refuser ces billets quelle que soit l'inscription qu'ils portent. L'essentiel, est qu'ils soient des billets authentiques. Donc, nous demandons au public d'accepter ces billets et au cas où il y a des rejets, qu'on s'adresse à la Bceao, aux guichets des banques et à la poste à qui on a envoyé des précisions ».

 



22/07/2008
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